Si l' Algérie redevient française et que l' Alsace ­Lorraine redevient allemande, si l' Andalousie redevient arabe et que les enclaves espagnoles ne deviennent pas marocaines, Si le comté de Nice redevient italien mais que l'Italie redevient autrichienne, si Byzance Istanbul redevient romain alors que les turcs ne sont pas européens, si l' Allemagne réoccupe Dantzig mais que la Pologne réclame Hambourg, si la Bretagne veut rejoindre la Grande Bretagne...

Si la Sicile redevient Normande et le comté de Naples aragonais, si la papauté revient en Avignon, alors que devient l'enclave du Vatican ? Si la Yougoslavie se reconstitue, que devient la Croatie ?

 Pas très cher Baron Noir, ceux qui ont touché aux difficiles stabilisations de l'Histoire ne l'ont jamais fait pour des projets libératoires. Vous vous souvenez sans doute du positionnement d' Hitler sur les Sudètes, sur Dantzig, sur l' Autriche . . . Revenir sur une date de paix comme celle du 19 mars 1962 c'est vouloir faire la guerre. Renommer cette rue du nom d'un militaire factieux qui avec l' OAS a participé à un putsch militaire, c'est préférer la dictature à la république. Être adoubé par un tortionnaire (le Pen père) pour cette réécriture est le seul hommage qui vous convient. Le 14 mars, vous ne représentiez que vous­ même et quelques nostalgiques d'une pseudo grandeur définitivement révolue, c'est pathétique.

Ce qui restera grave et lourd de conséquences, c'est que ce jour ­là, vous avez pris le parti de souffler sur les braises d'une guerre civile.