Dirigeant communiste de premier plan qui fut un temps en rivalité avec Maurice Thorez pour le poste très envié de secrétaire général du P.C.F dans les années 1930, Jacques Doriot est resté célèbre pour être passé avec armes et bagages dans le camp de l'extrême droite. Au point de rejoindre la Waffen SS pendant la Seconde Guerre mondiale et mourir en 1945 mitraillé par un avion allié sur une route allemande.

grand ecart

Hormis la question de la Waffen SS et du mitraillage, hormis la question du dirigeant de premier plan - puisque le baron noir ne fut qu'un militant local de la LCR -, il reste la similitude entre deux personnalités qui possèdent un ego comparable à celui de la grenouille dans la fable de La Fontaine.

Comme Doriot, le baron noir développe son ego sur deux terrains de prédilection, le local et l'international (Béziers, boulevard Voltaire, Reporters sans frontières pour l'un et Saint-Denis, maire et député, dirigeant du Komintern pour l'autre). Les deux sont teigneux, voire même verbalement violents (physiquement aussi pour Doriot), les deux savent à merveille conjuguer ambition personnelle et forces qui les entourent, les deux naviguent sur le populisme, les deux sont issus de périodes historiques comparables.

Au final si l'on pense que des destins cherchent à s'inscrire dans des périodes historiques pour tenter d'en chevaucher les contours, alors oui, les trajectoires du baron noir et de Doriot sont comparables, car elles tentent d'en contrôler à leur profit les énergies.