De Dresde à Béziers : Renaud CAMUS ne doit pas devenir l'historien officiel de notre ville. Dresde, ville allemande de la région de Saxe en ex-RDA, connaît depuis deux mois d'amples manifestations, racistes et xénophobes. La particularité de ces manifestations, c'est qu'elles se déroulent tous les lundis derrière une banderole : « Européens patriotes contre l'islamisation de l'occident », PEGIDA en allemand. Le 12 janvier dernier, peu après les attentats parisiens, 25 000 personnes ont défilé dans les rues de Dresde.

PEGIDA est né fin octobre 2014. Les premières marches n'ont mobilisé que quelques centaines de personnes. Les thèses de PEGIDA ressemblent étrangement au communiqué du 7 janvier et au discours du 8 janvier du maire de Béziers :
- Prétendue islamisation du pays
- Défense de l'Occident
- Politique migratoire cause de tous les malheurs . . .

Pourtant dans la région de Saxe où PEGIDA est implanté, moins de 1% des habitants sont musulmans, à peine 2 % ont un passeport étranger, la plupart des étrangers sont européens.
Parallèlement à ce discours stigmatisant, le fondateur de PEGIDA, Lutz BACHMANN, pose sur son site déguisé en Hitler et met en ligne des posts racistes et xénophobes.
L'apparition de PEGIDA fait suite aux succès électoraux du NPD, un parti ouvertement néo- nazi.
Les thèses de PEGIDA, comme le discours du maire de Béziers, désignent des boucs émissaires : les étrangers et les musulmans.

 

Un écrivain anti-sémite peut-il devenir le nouvel historien de Béziers?

 

Comment accepter dans ces conditions que le maire de Béziers commande à Renaud Camus l'écriture, ré-écriture, de la ville de Béziers ?
Comment accepter que celui qui est connu pour ses positions antisémites : « Il y a trop de journalistes juifs à France Culture . . . », révisionnistes : « Pétain a secrètement sauvé des juifs de la déportation. . . », négationnistes : « ampleur exagérée de l'extermination finale nazie dans les camps de concentration . . . », conspiratrices : « une cinquième colonne islamiste envahit la France... », « théorie du grand remplacement des races et des cultures . . . », puisse écrire / ré-écrire l'histoire de notre ville ?

Comment accepter que celui qui vient de fonder la section française de PEGIDA le 18 janvier 2015, que celui qui appelait le même jour à un rassemblement à Paris avec les assassins de Clément Méric, les membres des groupuscules fascistes Riposte laïque et Bloc identitaire, que celui qui a organisé une conférence de presse avec une représentante de PEGIDA qui arborait un gilet pare-balles kaki siglé « je suis Charlie Martel » (1), que celui qui a salué : « cette ambassadrice de la grande espérance qui se lève aujourd'hui à l'est contre la colonisation musulmane en cours. . . », en fin de cette même conférence de presse, puisse un jour devenir l'historien de notre ville ?

Une question est d'ores et déjà posée à tous les partis, mouvements, associations, citoyens progressistes. Renaud Camus avec un tel pedigree et un tel commanditaire peut-il devenir le nouvel historien de Béziers ?

 

(1) « Je suis Charlie Martel » est un slogan pour le moins incongru à l'oreille d'un Biterrois qui connaît l'histoire de sa ville. En effet, de retour de Poitiers, entre 736 et 738, Charles Martel met à feu et à sang Narbonne, Béziers, Agde, Maguelone et Nîmes, villes dominées pacifiquement par les Arabes depuis 719 - si pacifiquement que les populations chrétiennes prennent parti pour les musulmans contre Charles Martel et ses troupes destructrices. À Béziers, Charles Martel est non seulement responsable d'un massacre, mais c'est encore lui qui détruit les derniers vestiges romains et les restes de la civilisation wisigothique qui avaient été préservés par les Arabes. Les chroniques de l'époque témoignent d'une haine durable entre les Biterrois et les Francs.
Sources : Jean Sagnes, Histoire de Béziers, Privat, 1986 et Yves Rouquette, Béziers, les rues racontent, Les presses du Languedoc, 1999.