Les dictatures en général et l'extrême droite en particulier sont génétiquement programmées pour revisiter l'histoire. Nous avons tous en tête le révisionnisme de l'extrême droite française sur les chambres à gaz, l'extermination des juifs, la responsabilité du régime de Vichy, la thèse absurde selon laquelle Pétain aurait sauvé la patrie et les juifs.

Ménard, quant à lui, souhaite revisiter l'histoire de Béziers. Il a confié ce travail à une plume de l'extrême droite, Camus (pas le vrai un autre)1. Nous vous proposons en avant-première ce que pourrait donner une telle réécriture : une sorte d'apéro tapas du combat contre l'absurdité qui nous attend.

En 1209, la ville de Béziers est une sorte de Sodome et Gomorrhe où les libertés les plus grandes sont prises d'avec le culte catholique. Un baron du nord pense que la ville doit être libérée de ses hérétiques. L'église, la vraie, le mandate pour organiser la croisade, toutes les forces de l'extrême droite se regroupent dans une sorte de rassemblement. Ils choisissent la couleur bleu marine pour leurs étendards. Arrivés sous les remparts de Béziers les barons du nord et le rassemblement bleu marine somment le comte RAYMOND de livrer sa ville. Convaincu par les thèses catholiques orthodoxes, le comte RAYMOND, qui exerce le rôle de premier magistrat depuis trois mandats ouvre une des portes de la ville. Les liens entre la droite extrême et l'extrême droite sont alors très forts à Béziers. Un chevalier qui revient des croisades en terre sainte, le seigneur ELIE se recueille chaque année sur la tombe de factieux au cimetière local. Il édicte des lois qui désignent déjà à la vindicte populaire une partie de la population. Les portes de la ville ouvertes, le rassemblement bleu marine procède au pillage de la cité. Ils prennent tout et tentent de restaurer le culte catholique orthodoxe pour tous. Ils organisent des messes aux arènes romaines, installent une crèche dans le château comtal, interdisent de cracher par terre, de mettre des boucliers aux balcons, d'étendre le linge sale en famille, de laisser les jouvenceaux seuls le soir . . .

 

Le comte RAYMOND est complètement débordé sur sa droite, il abandonne tous ses mandats et devient une sorte de va-nu-pieds.

 

Le seigneur ELIE fait rapidement allégeance au baron du nord et reprend les thèses qui étaient déjà les siennes. Une sorte d'union sacrée existe alors dans la ville. Tout serait-il perdu ? Non ! Quelque part dans les quartiers une poignée d'hérétiques à l'ordre nouveau résistent. Ils décident de se regrouper dans un contre-journal municipal qu'ils appellent EN VIE A BEZIERS. Dans une sorte de pied de nez, ils organisent la résistance car derrière le bleu de chauffe enfilé pour la prise de la ville, ils voient poindre la couleur noire de l'hitlérisme, du franquisme, du mussolinisme, du salazarisme, du metaxisme . . .  tous ces schismes ont donné partout du sang, de la haine, l'abandon de toute forme démocratique. LE BARON NOIR qui règne sur Béziers est un héritier de cette tradition. Son slogan pourrait être : un peuple, un chef, une ville. Il en est encore à la gestation de son projet : la question qui nous est posée est simple : souhaitons nous l'arrêter ?

 

1 Renaud Camus est un écrivain français, fondateur du parti de l'In-nocence en 2002, qui soutient la candidature de Marine Le Pen aux élections législatives de 2012. C'est à lui qu'on doit la théorie du grand remplacement, selon laquelle les minorités particulièrement d'origine africaine et maghrébine, tendraient à remplacer les populations européennes. Le 11 septembre 2013, Renaud Camus lance un appel sur le site d'information Boulevard Voltaire lancé en 2012 par les journalistes Robert Ménard et Dominique Jamet, le NON au changement de peuple et de civilisation (NCPC).