Et si Béziers était un nouvel Eldorado ? interrogeait le maire de Béziers dans le journal bimensuel de propagande municipale (Journal de Béziers n° 49 / 15 janvier 2017 / page 3). A mi-mandat, les faits semblent plutôt démontrer que la ville, déjà sinistrée après dix-neuf ans de gestion Couderc, s'enfonce dans l'enfer économique, social et politique.

par JC et JF Gaudoneix

Une enquête, réalisée par le Figaro, a mesuré la vitalité économique de 113 villes métropolitaines de plus de 50 000 habitants au moyen d'indicateurs socio-économiques tels que leur dynamisme démographique, la santé des entreprises et du marché du travail local, le niveau d'infrastructures et de services proposés, ainsi que le niveau de vie moyen de la population.

Béziers est classée ...110ème sur 113 villes !

Rapprochons donc les incantations du discours ménardien de quelques résultats de la politique municipale tels qu'ils ont été mesurés par l'enquête.

Ce Béziers qui attire les entreprises..." ?

Tel est le titre qui figure en 1ère de couverture du Journal de Béziers du 15 janvier 2017.

En page 3 de ce même numéro, il est même affirmé que : "C'est incontestable, et c'est de plus en plus visible dans le paysage : Béziers attire à nouveau les investisseurs. Plus que jamais, notre ville attire, notre économie redémarre. Les signaux sont au vert."

La réalité n'est pourtant pas aussi brillante.

En effet, si Béziers est classé 53ème sur 113 pour la création d'entreprises, la ville n'est qu'au 95ème rang pour la survie des entreprises après cinq ans d'existence : 27.90% des entreprises créées en 2009 étaient toujours en activité en 2014.

En outre, Béziers, à la 109ème place (sur 113), détient un triste record en matière de chômage dont le taux atteint 15.00%.

"Les spectaculaires chiffres de l'immobilier..." ?

En page 3 du Journal de Béziers daté du 1er mai 2017, Robert Ménard a la vision de "Spectaculaires chiffres de l'immobilier [qui] en disent plus qu'un long discours".

Les constats démontrent pourtant le contraire.

En ce qui concerne les dépôts de permis de construire, l'enquête du Figaro classe Béziers en 107ème position avec une évolution très négative du nombre de permis de construire déposés (- 56.40% de 2010 à 2015).

S'agissant du taux de logements vacants, Béziers tient le pompon, en se plaçant à la toute dernière place (113 sur 113) ! Le taux de vacance se situe à 17.18%, un record national.

Un nouvel Eldorado..."

"Béziers, un nouvel Eldorado ?" titrait le journal de Béziers au début de l'année 2017...

Pourtant, le critère du niveau de vie relègue la ville au 109ème rang avec un revenu médian annuel de 15 305 euros (trois fois inférieur au revenu médian de la ville du panel enquêté où le revenu médian est le plus élevé).

De surcroît, le taux de pauvreté (revenu inférieur à 60% du revenu médian) atteint un niveau tel que Béziers se situe tout en bas du classement en figurant à la 109ème place avec plus du tiers de la population (33.25%) qui vit dans la pauvreté.

Un dynamisme affirmé haut et fort...mais une apathie généralisée qui maintient les Biterrois dans une situation difficile et obère durablement l'avenir de Béziers : la langue ménardienne n'est décidément pas vraiment performative !

Laissons à Robert Ménard le soin de conclure : "Nos résultats parlent d'eux-mêmes..." (Journal de Béziers n° 32 / 2 avril 2016 / page 3)...Ou, mieux encore : "Quand on parle d'une ville, il y a des chiffres qui ne trompent pas. Ce n'est pas de la politique, ce n'est pas de la propagande : c'est du concret !" (Journal de Béziers n° 56 / 1er mai 2017 / page 3).