Atypique, elle l'était, car elle faisait s'affronter deux candidats non issus du sempiternel plateau « gauche-droite », les deux s'étant déjugés par leurs erreurs et leurs affaires. Atypique par le fait que, même s'ils ne faisaient pas partie du traditionnel sérail binaire, elle était l'héritière d'une dynastie, et lui, inconnu deux ans auparavant, jamais élu, était le bébé-Hollande, masque de la finance et de la mondialisation.
Par Khan Did,

Atypique enfin par l'américanisation de l'info, affaires, people, débat télévisé sous la ceinture sans un mot programmatique, le mépris de l'électeur...

Or, elle a fait entendre une voix. Celle de l'abstention et du vote blanc (un tiers des inscrits) qui disent le ras-le-bol des institutions de la cinquième qui consistent à faire émettre un chèque en blanc pour cinq ans à un monarque issu des élites, doué de pouvoirs excessifs et d'une capacité inouïe de trahir ses promesses.
Celle des paradigmes de la mondialisation actuelle : compétitivité, rentabilité, flexibilité, précarité, dumping social, exploitation de l'homme par la finance, absence totale de solidarité, chacun pour soi, le plus malin gagnera...

Bien sûr, les 11 millions de voix à MLP n'étaient pas toutes- loin s'en faut- des voix fascistes. Elles disaient que la solidarité nationale, elles en voulaient bien, car de solidarité, l'autre n'en parlait pas, qu'elles en avaient marre d'être les oubliées des élites, des métropoles, de l'abandon des territoires.
Mais le « plus jeune président de la cinquième république » avec qui l'Europe, Trump et les financiers se réjouissent bruyamment de travailler, est averti qu'il devra compter avec une culture de France, celle de la rébellion, de la Révolution et de la Commune, de l'humanisme et du vivre ensemble.

 

Enfin, se lève un désir d'initiatives citoyennes face au mondialisme financier, désir de non-dépendance aux multinationales, désir d'inventivité, désir d'utopie, désir d'espoir.


Politiquement, que surgissent des candidatures issues du peuple et le représentant, contrôlées par lui, et cependant libres et non les sempiternelles figures issues du sérail et captives des soumissions nécessaires à leur maintien au pouvoir.


Que ces germes de liberté poussent et fleurissent et que cesse le dégoût de la politique et naisse un engouement pour les affaires de la cité, propice à l'avènement des dictatures quelles qu'elles soient.

Reprenons en mains nos destinées et celles de nos enfants !