Après les révélations d'Ursula dans notre n°1 du mois de janvier, un phénomène s'empare de Béziers, anticipant la réouverture prophétisée des bordels de la ville. Quelques épouses, femmes de notables pour la plupart, se jettent à corps perdu dans la défense de la  « Préférence Nationale Biterroise » (PNB).

dessin ursula

 

Les emplois que générerait la réouverture des maisons closes est une véritable manne susceptible de redresser le Produit National Biterrois (PNB). Les plus audacieuses tablent sur une croissance exponentielle du coefficient, et réclament leur part.

Pour elles, pas question de partager : l'égalité entre les Français et les étrangers qui vivent sur le territoire (égalité des droits), s'efface devant les ouvertures phénoménales espérées. Certains psychiatres expliquent leur réaction : « Les Biterroises expriment la frustration endurée depuis la confiscation des phallus et l'élimination des bordels qui faisaient la renommée de la ville ». Geneviève précise pour amadouer le maire : « Les petites lanternes rouges placées au­dessus des portes égayeront le centre­ville à moindre frais ! » (Elle me fait un clin d'œil coquin).

 

Déterminées, elles exigent un recrutement sur mesure : l'origine de la candidate au lupanar devra primer sur les mensurations : les épouses biterroises de plus de 5 générations seront prioritaires. Les descendantes des mères maquerelles traditionnelles jouiraient d'un héritage génétique exceptionnel : un gène résistant aux maladies vénériennes. Un gage de qualité forcément inné justifiant la « Préférence Nationale Biterroise » (PNB). Mais Josiane stipule : ce gène résulte de siècles et de siècles de prostitution : l'histoire de nos lupanars épouse celle de la Rome antique ! » Elle écarquille de grands yeux songeurs qui promettent des jours fastes.

 

En attendant la réouverture du « Chat Noir » autrefois situé rue Edgar Quinet, les bonnes épouses biterroises se réunissent tous les jeudis à 15h au siège de leur association de défense des maisons de tolérance : la T E U B (Tradition d'Éducation Ursuline en Bite­rois). Un nom qui souligne l'aspect traditionnel des maisons de tolérance à Béziers, et rappelle aux jeunes filles inexpérimentées qu'en Biterrois la bite est reine.