Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

Dans le vif du sujet

L'un des objectifs de la municipalité de Béziers est de restaurer le cœur de ville, un cœur considéré comme au bord de l'asphyxie, « vidé de lui-­même » (1) n'alimentant plus Béziers d'un sang pur. Pour le maire de Béziers, il convient de lui « donner une nouvelle âme » (2). Par quel procédé miraculeux notre maire va-­t-­il jouer à être Dieu ? Et quel est ce mal si profond qui ronge Béziers de l'intérieur et qu'il faudrait exorciser ? Quelle place donner à l'humain dans l'urbain ?

En moins d'un siècle la fonction de l'automobile a radicalement changé : de véhicule de tourisme, utilisé seulement le dimanche et en vacances, elle est devenue véhicule utilitaire pour tous les trajets quotidiens. D'autre part, de véhicule familial, elle devient véhicule individuel. Chaque membre de la famille veut avoir son auto personnelle. Mais la ville, espace très encombré, ne peut digérer la multiplication sans fin de ces gros engins encombrants, bruyants, polluants et dangereux que sont les autos. Il faut revoir les modes de la mobilité en ville.

Le mode de lutte contre les déjections canines sur les trottoirs change : moins de prévention, plus de répression, mais pas plus d’écologie ! Dans le Journal de Béziers n°5, la municipalité annonce aux propriétaires de chiens que ceux qui ne ramassent pas les déjections de leur(s) bête(s) seront passibles d’une amende de 80€, contre 35€ auparavant : répressif. Elle annonce aussi qu’à partir du 19 janvier 2015, des paquets de 20 sacs pour déjections canines seront disponibles : un système qui semble nouveau, pratique , et préventif. Ah bon ?

gargouille

On est déconcerté devant l'efficacité du discours ménardien. Cette réussite ne tient pas au charisme de l'homme qui le profère, mais s'explique en 10 clefs faciles à exploiter. Examinons les rouages de cette communication, afin de la mieux dézinguer. 

Robert Ménard arrive souvent à avoir le beau rôle dans les débats qu'il mène. Comment fait-il ? La rhétorique de l'extrême droite actuelle est plus difficile à contrecarrer que les tirades fascistes de Mussolini ou qu'un traité sur les races de Gobineau¹. Ne pas avouer ou voir cette difficulté serait se tromper lourdement au vu de la tâche qui nous attend à Béziers - et en France en 2017.

Le carnage qui a frappé Charlie Hebdo soulève un nuage de poussières.  On peut coller à l'événement, ou bien se tenir à distance pour l'appréhender dans son contexte. Montée générale de l'extrême droite, extrême gauche gagnante en Grèce le 25 janvier 2015 (1), menace d'exclusion de la Grèce hors de la zone euro, Traité Transatlantique en cours de négociation... La belle Europe prend l'eau de toutes parts.

Depuis quelques semaines, les médias se font l'écho d'une sorte de bataille de l'eau entre la municipalité de Béziers et l'agglo Béziers Méditerranée (la CABEME). Et Ménard de faire signer une pétition, d'exiger immédiatement une baisse de 5% du tarif de l'eau : baisse dérisoire, on verra plus loin. Et dans sa guerre contre le président de l'agglo, il n'hésite pas à utiliser la démagogie dans son journal (page 5) et une ridicule balance des voix (1673 pour Lacas et 15000 pour Ménard, plus exactement 14867) .

L'une des premières campagnes municipales post-électorale d'affichage massif et première intoxication mensongère, la mutuelle sociale serait donc une promesse tenue.

À regarder l'affiche des vœux du maire de Béziers, on ne peut pas s'empêcher de se poser des questions quant à l'esthétique et au choix des images.

En écoutant les informations à la télé, à la radio, ou des discours politiques savamment rédigés par des spécialistes de la communication, j'ai noté que tout comme dans le textile ou la téléphonie, le langage n'échappe pas aux effets de mode.

Notre maire d'extrême droite plurielle revendique le traditionalisme : connait-il seulement l'histoire de Béziers ? « Paratge e convivencia » est une éthique qui provient de la civilisation occitane. « paratge » désigne l'égalité entre tous, « convivencia » signifie l'art de vivre ensemble dans le respect des différences.

Robert Ménard fait sa publicité

Il faudrait donc, comme on nous somme de le faire, soutenir l'action de Robert Ménard pour baisser le prix de l'eau. En soi la démarche paraît louable. Paraît seulement car qu'en est-il concrètement ? Il ne s'agit pour le maire que d'agiter la verve populiste pour mieux masquer son incompétence, sa méconnaissance mais surtout ses ambitions contrariées.

France 2, à l'occasion du Conseil municipal du mois d'octobre, est venue à Béziers dans le cadre de son JT1 pour un reportage sur la politique menée par une municipalité d'extrême droite.

Depuis 8 ans, l'Association Biterroise Contre le Racisme a entrepris d'aider à la scolarisation des enfants roms qui, avec leurs familles, survivent dans des conditions de précarité extrêmes dans et autour de Béziers. Cette année, 32 enfants sont scolarisés en primaire et en collège et une jeune fille en lycée professionnel.

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