Edito

C'est la lutte...

1cestlalutteLa lutte, les luttes se trouvent au centre du dossier de ce numéro 24 d'En vie à Béziers. Lutte avec une interview d'André Menras, Biterrois d'origine, qui s'engage pour son pays d'adoption, le Vietnam, en soutenant la cause des pêcheurs de la province Quang Ngai, dans le centre du pays, qui se retrouvent au milieu de disputes territoriales entre le Vietnam et la Chine. Lutte, encore, avec une rubrique qui rend compte des attaques sociales, syndicales, associatives, citoyennes et politiques menées par l'extrême-droite contre les libertés et le "vivre avec". Lutte, toujours, avec les expériences alternatives des "tiers lieux", ces regroupements qui permettent de créer un langage et des projets communs avec une volonté d'innover collectivement rompant avec le dogme capitaliste. Outre ce dossier dense et diversifié, vous retrouverez dans ce numéro 24 d'En vie à Béziers les rubriques habituelles. Si "Même sans espoir, la lutte est encore un espoir." (Romain Rolland, l'âme enchantée), qu'il nous soit encore permis, à En vie à Béziers et pour tous les lecteurs, d'espérer que les luttes soient, longtemps, très longtemps mues par l'espoir...

 

Bien préparé par les deux présidences précédentes, dont une dite « de gauche », le tournant ultra-libéral austéritaire du monarque censé en 2017 nous protéger contre le Front National frappe par sa violence, sa rapidité sidérante et son absolutisme.

Par Khan Did

Toute apparence de démocratie a été abolie, la « concertation » consiste à honorer les partenaires sociaux de l'exposé des décisions prises, la destruction du code du travail élaboré pour protéger les salariés et les indépendants, a été menée par ordonnances, même pas le simulacre d'une présentation à un Parlement pourtant à la botte, même menace pour la SNCF, obligation est faite aux fonctionnaires (feignasses!) de l'Éducation d'appliquer des réformes inégalitaires non encore votées, on démantèle les droits des chômeurs en vertu d'une indispensable formation. On rappelle cependant que seuls 120 000 postes ne sont pas pourvus alors qu'il y a 6 millions de chômeurs.

On trouve que les licenciements financiers qui se multiplient témoignent d'un excellent management

On réduit les APL, alors que plus de la moitié des étudiants sont obligés de travailler pour financer leurs études, on réduit les primes aux handicapés, on supprime le statut des cheminots, car chacun sait que c'est ce statut qui fait arriver les trains en retard, on va noblement déléguer aux Régions, qui n'en ont pas les moyens financiers, les postes déficitaires des TER et des Intercités, et on va privatiser (mais non, voyons!) la SNCF comme la Poste pour pouvoir faire du dumping social. On en a vu les merveilleux effets en Grande Bretagne ...
Pour 100 à 150 millions d'euros espérés en 10 ans, on détruit le service public à grande vitesse c'est-à-dire ce à quoi nous donnent droit nos impôts et on tourne le dos résolument à l'indispensable transition écologique au profit des bus Macron !

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Au sujet de la SNCF, avec une tranquille arrogance, monsieur C. Castaner s'autorise à proférer : « les tabous et les privilèges sont des sujets qu'il faut oser assumer de mettre sur la table. » Sûr que ça va convaincre les Français indignés des salaires des cheminots comparés à ceux bien moindres d'un ministre de la République...
C'est en tout cas la méthode.

Reste la Santé à achever de privatiser et on en voit le résultat dans les EHPAD, les « soins » en Psychiatrie (cf le rapport d'Adeline Azam, contrôleuse des libertés (1)), et à l'hôpital. Vite, la marchandisation des soins, la rentabilité, la compétitivité, la déshumanisation, et déjà nous sommes passés de la première à la quinzième place mondiale pour la qualité de soins (The Lancet 2017). Les conséquences financières et humaines en sont dramatiques. Mais il faut continuer à détruire le service public, et notamment celui, auparavant excellent, de la Santé, de Notre Santé.

Et, « en même temps », on triple le nombre des contrôleurs de chômeurs - ces feignants- on crée des postes pour contrôler les migrants en centre de rétention, on abolit l'impôt sur la fortune en taxant, et encore seulement à 30 % les seuls patrimoines immobiliers, tout en soumettant les retraités, ces privilégiés, à la CSG permettant de supprimer les cotisations sociales des salariés, c'est à dire leur droit à ce salaire différé qu'est la retraite et aux soins de santé.. On fait les lois du MEDEF, on poursuit mollement les fraudeurs fiscaux (sinon, ils s'en iraient, peuchère). On trouve que les licenciements financiers qui se multiplient témoignent d'un excellent management.

Mais on fait, à l'instar du regretté Roi Soleil, les « jeudis de l'Élysée » où le monarque déclame et récite. Nous sommes en monarchie absolutiste.

Allons-nous rester hébétés longtemps à subir une politique encore pire que celles de Thatcher, Reagan ou Schroëder, dont on a vu les conséquences sur l'appauvrissement des classes moyennes et inférieures ? Allons-nous accepter de vivre ce que vivent les Grecs depuis onze ans, et l'ensemble des peuples européens, avec un douloureux échec économique et une destruction sociétale entraînant la montée du fascisme et de la violence ?

(1) : http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2017/04/Rapport-2016-3es_web.pdf