Edito

Députation, mairie, conseillers départementaux : le calice est plein!

Edito

L'extrême droite et son courant fasciste chrétien vient avec seulement 22 % du vote des inscrits de remporter la seule mandature qui lui manquait. Béziers est devenue une immense tache noire sur les cartes électorales et dans la réalité. Dans ces conditions nous ne pouvons pas nous satisfaire des 27 588 personnes qui ne sont pas venues voter sur la ville, ni des 3038 suffrages de moins pour l'extrême droite entre les seconds tours des élections présidentielles et législatives.

Nous ne pouvons pas nous en satisfaire et nous devons sur Béziers et le biterrois tirer des leçons de cette séquence électorale qui vient de se terminer, en mettant en débat :

• Cette 5ème république démocratiquement et socialement à bout de souffle.

• La seule perspective qui nous était offerte, voter au second tour des législatives 2017 pour une ex filloniste, membre du MEDEF, ou voter pour le relais local de Civitas et de l'Opus Dei.

• Une gauche fratricide qui a donné le spectacle hallucinant de passer plus de temps à se taper dessus plutôt que sur l'extrême droite et la droite.

• Une droite totalement divisée sur le fait de soutenir le clan Ménard ou de présenter ses propres projets.

• Un mouvement citoyen et associatif largement vivace et représentatif mais souvent dépendant des appareils politiques lors des séquences électorales.

Si nous ne voulons pas être condamnés à une position de spectateurs d'un mauvais film qui se passe sans nous, la question de l'irruption de la citoyenneté sur la scène biterroise est posée.

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 Imaginez une petite ville de la Drôme provençale, située aux portes du pays de la Clairette de Die, 1199 habitants, une école primaire et maternelle, de nombreux commerces dans un centre vivant et un maire du parti du Modem, élu sur un projet de démocratie participative.

Par Emma,

Imaginez ce maire voulant implanter une grande surface en dehors de la ville, le long d'une départementale, obligeant les futurs consommateurs à prendre leur voiture.

Imaginez des habitants, opposés à ce projet, faire signer une pétition qui recueille 800 signatures.

Imaginez ce maire poursuivre son projet et les habitants prendre contact avec les enseignes pressenties, lors d'une manifestation festive avec caddies et déambulateurs, afin de leur expliquer que 800 familles ne viendraient pas faire leurs courses dans leur supermarché.

Imaginez ces enseignes, au vu de la situation, finalement refuser de venir s'implanter.

Imaginez ces habitants faire la fête, se disant qu'ils pourraient aller plus loin et créer un collectif « Saillans vivant ».

Non, vous ne rêvez pas, cette ville et ses habitants existent.

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En 2013, ils ont proposé aux autres villageois de constituer une liste pour les élections municipales de 2014 mais avec un programme écrit par l'ensemble des habitants.

Imaginez à nouveau, le nombre de réunions, avec quelquefois 200 personnes présentes, des commissions traitant de l'ensemble des sujets intéressant les électeurs, la liste se constituant petit à petit, les uns et les autres désignant les 15 candidats, sans expérience politique et n'ayant jamais eu de mandat, qui leur semblaient les plus aptes à la fonction.

« Autrement pour Saillans...tous ensemble » a recueilli 56,77% avec une participation de 80% avançant comme projet collectif, « la transparence, la collégialité et la gestion des affaires par les habitants ».

Vous allez en rêver : une charte d'engagement qui met, entre autres, le dialogue en avant : « la parole de chacun a une valeur, doit être écoutée avec intérêt et sans jugement préconçu.

Respecter la parole de l'autre, c'est ne pas l'interrompre, ne pas se laisser distraire ni chercher à convaincre à tout prix », est-ce qu'on ne s'y soumettrait pas avec plaisir ?

Une démarche qui repose sur l'expertise des habitants, une gestion des élus en binôme, des fins de conseils municipaux avec un temps consacré à la réaction des présents et au débat avec les habitants, une mise à disposition d'outils renforçant la participation tels un laboratoire d'idées, un conseil de la médiation et un conseil des sages.

Le lendemain des élections, la mairie, rebaptisée « maison commune » ouvre ses portes et recueille 200 inscriptions pour les commissions décidées pendant la campagne.

Bien, d'aucuns diront et la maire le reconnaît, qu'avec cette forme de démocratie, les projets avancent plus lentement, certes, mais il y a plus de projets avec une vision globale et d'intérêt général. Il reste, cependant, à intéresser davantage de jeunes à cette manière de faire.

Mais la majorité constate que cette situation nouvelle a généré une grande dynamique qui dépasse celle de la mairie, notamment grâce au milieu associatif qui, lui-même, se trouve reboosté...

Et cela dure depuis 3 ans et aujourd'hui les groupes sont occupés à établir le plan local d'urbanisme.

A présent, face aux nombreuses visites sur Saillans de la part de curieux, de journalistes ou de militants, l'équipe du collectif initial parcourt la France pour expliquer leur démarche et l'essaimer.

C'est ainsi que j'ai pu avec d'autres, rencontrer Tristan Rechid, l'un des participants de la première heure lorsqu'il a été invité par le Théâtre des pierres de Fouzilhon. Vous pouvez retrouver son intervention vidéo sur le site Agora vox.

Vous n'auriez pas envie, vous aussi, de vivre une telle aventure croisant l'utopie, la rigueur, le rêve et le travail ?

PS 1 : Les citoyens de Saillans, le mouvement Ma Voix se retrouvent avec d'autres dans un

regroupement, celui de la Belle Démocratie.

PS 2 : Bonne nouvelle, à la place du supermarché, il y a un brasseur de bière !