Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

Nicolas Hulot a donc quitté le gouvernement fin août car il ne veut plus être la caution écologique de Macron. Il était averti pourtant : il ne peut y avoir de politique écologiste dans un système économique et social qui a pour valeurs et objectifs tout le contraire d'un vrai projet de défense de l'environnement.

Par Robert Martin

Gaspillage, productivisme, pillage, culte du profit, croissance à tout prix, là où au contraire, il faudrait imposer sobriété, solidarité, humanisme, respect de la nature et de la biodiversité.
D'ailleurs le bilan de Nicolas Hulot est éloquent en termes de renoncements et de soumissions :
Quelques exemples en 2017 :
- adoption d'une définition insuffisante des perturbateurs endocriniens
- adoption du CETA (traité de libre échange avec le Canada)
- suppression des aides au maintien des agriculteurs biologiques
- soutien au projet "Montagne d'or" de mine d'or en Guyane
- abandon de l'objectif de 50% de nucléaire en 2025
- baisse du budget et des effectifs de l'agence de l'eau
- dérogations afin d'exploiter des hydrocarbures au delà de 2040
- dérogations aux normes environnementales dans certaines préfectures

En 2018, ça continue :
- Plan loup autorisant l'abattage de 40 loups en 2018
- Renoncement à inscrire l'interdiction du glyphosate dans la loi
- Rejet de l'interdiction du broyage des poussins, castration à vif des porcs, etc...
- Autorisation à l'importation de 300000 tonnes par an d'huile de palme pour Total
- Renoncement à la promesse de vidéo surveillance dans les abattoirs
- Silence sur l'indemnisation des victimes du Chlordécone en Outre-mer
- Fermetures de l'usine d'hydroliennes OpenHydro
- Coût du permis de chasse divisé par deux

On pourrait rajouter :
- l'autorisation d'une ferme usine de 6500 porcs sans évaluation environnementale
- la France, championne auto-déclarée de l'écologie, devant la Cour de Justice Européenne pour non-respect des normes pour la qualité de l'air
- l'adoption du JEFTA (le traité de libre-échange Europe-Japon)

Nous avons franchi le bord de la falaise et nous chutons

J'arrête là cette liste non exhaustive de toutes les décisions prises avec la complicité de notre tartuffe écologiste, et de tous les manquements à la logique d'une véritable politique de transition écologique de notre société, et même aux promesses tant médiatisées de la bouffonne COP21.
Résultat des courses ?
Avec de telles politiques, le réchauffement climatique continue. Le dernier rapport accablant du GIEC publié ce 8 octobre nous annonce qu'il s'accélère et pourrait atteindre 1,5°C dès 2030 et décrit les conséquences d'une telle augmentation et elles sont catastrophiques ! Je n'ose imaginer la vie sur terre avec 2° supplémentaires (objectif de la COP21) sans parler des 3° à la fin du siècle si on ne stoppe pas immédiatement cette folie meurtrière libérale de croissance et de surconsommation.
On dit souvent pour évoquer notre situation que nous allons vers le précipice en accélérant, l'image me semble désormais dépassée. Nous avons franchi le bord de la falaise et nous chutons......la descente (aux enfers ?) sera douloureuse pour tous !