Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

VISA (Vigilance et Initiatives Syndicales Antifascistes) est une association intersyndicale composée nationalement d'une cinquantaine de structures. Depuis 1996, elle recense, analyse et dénonce les incursions de l'extrême droite et plus particulièrement du Front national sur le terrain social et se veut un outil d'information et de réflexion afin de lutter collectivement contre leur implantation et leur audience dans le monde du travail.

Sur Béziers, comme dans toutes les villes gérées par l'extrême droite, VISA relève quotidiennement tous les faits, petits ou grands qui témoignent de cette gestion. Ce sont ces Brèves biterroises que nous relayons dans EVAB

Juin... Les tentatives des Ménard(s) de doubler le FN/RN se poursuivent autour de Béziers. Récemment une nouvelle association « Choisir Sauvian » a inauguré un local en vue des élections municipales avec comme tête de liste, Jacques Nain, suppléant de Mme Ménard à l'Assemblée Nationale. Il y avait peu de monde lors de cette inauguration (en dehors de quelques élus et de Mme Ménard) mais aucun militant du FN/RN. Bref, les municipales s'annoncent « intenses » à l'extrême...

20 juin Dans le cadre de la préparation de la Féria (10-15 août), le maire de la ville a envoyé une lettre à toutes les associations pour recruter du personnel, bénévole évidemment. Parmi les offres proposées, on peut : encadrer la course des garçons de café ou le défilé d'animaux vivants. Mais le plus étonnant pour un pays laïque, c'est que la municipalité «recherche des personnes pour tenir les parapluies pendant la messe du 10 août... » ? Il s'agit probablement de faire de l'ombre à ceux qui vont prier ?

28 juin Au conseil municipal, la municipalité a voté un allongement d'une enveloppe de 3 M€ supplémentaires pour des travaux dans des écoles de la ville. Cette décision intervient (est-ce un hasard ?) après l'effondrement le 29 mai dernier, d'un faux plafond d'une classe de CM2 de l'école Pellisson, où plusieurs élèves ont été légèrement blessés. On sait aussi que les parents d'un des enfants ont porté plainte contre X afin de mettre à jour d'éventuelles responsabilités. Ce qui n'a pas du tout plu au maire qui a réagi par communiqué : « La Ville de Béziers prend acte de cette plainte qui ne lui a pas été notifiée » et ajoute que « Les diagnostics réalisés par deux bureaux d'études techniques indépendants dans la foulée de l'accident n'ont pas permis de déterminer avec certitude la cause de l'effondrement ». Sauf que ces diagnostics indiquent que sur « les 43 bâtiments scolaires, seize d'entre eux, construits avant 1950 sont susceptibles d'abriter un type de plafond similaire à celui qui s'est effondré et que six classes d'une école ont été fermées, ainsi que cinq pièces dans deux autres écoles ». Voilà où mène une politique qui réduit les investissements. Pour mémoire, en 2015, les élus avaient voté une enveloppe de 4 585 250 € pour la période 2015-2020. C'est à dire 917 050 par an pour 43 établissements soit 21 326,74 par école.

28 juin Toujours au Conseil municipal, Séverine Chopin, directrice générale des services, a présenté les changements qui vont intervenir sur le site de la ville au premier trimestre 2019. Ainsi un poste de webmaster, un infographiste et trois régisseurs du spectacle « seront recrutés par voie de contrat à durée déterminée sur trois ans, en l'absence de cadre d'emplois de fonctionnaires susceptibles d'assurer les fonctions correspondantes ». L'opposition a alors, dénoncé le recours aux contractuels extérieurs. Aimé Couquet (élu communiste) s'est étonné : « Comment expliquer qu'il n'y ait pas dans la fonction publique territoriale de notre pays des agents capables de remplir ces postes ? Je sais que vous êtes contre le statut de la fonction publique territoriale, mais, enfin, faites appel auprès des fonctionnaires, vous verrez bien les offres qui seront faites et là, vous pourrez prendre votre décision." Même réflexion de Nathalie Boisjot, (élue de droite) : « Parmi les employés de la mairie, n'y a-t-il pas des gens qui ont le potentiel, la possibilité de se former en formation continue ? Pourquoi n'anticipons-nous pas en interne, l'évolution professionnelle, les changements de compétences, qui permettraient d'éviter des embauches extérieures." Le premier magistrat a terminé sa réponse, en montrant les limites du dialogue, avec ces mots : « Le jour où vous serez à la tête d'une collectivité locale, vous nous donnerez des leçons." Fin de la discussion.

30 juin Robert Ménard a inauguré en grande pompe la fin des travaux dans le bas des Allées Paul Riquet avec l'installation de la grande roue et l'aménagement de la place Jean-Jaurès avec ses jets d'eau. « Tout pour le visible, pour la com' » dit-on dans la ville. Ce qui l'intéresse c'est l'hyper centre-ville, pas les autres quartiers qui sont autour. Exemple, Jacques Nougaret habite depuis quarante ans le quartier Saint-Aphrodise qui est à quelques pas des Allées et son constat est sans appel : « Petit à petit, le quartier se dégrade et cela ne s'améliore pas du tout. Je me réjouis des travaux du centre-ville, mais certains quartiers périphériques sont oubliés.... L'état de la voirie est déplorable, la place du 11 Novembre est en très mauvais état... » En fait, ces quartiers-là sont les grands oubliés des travaux en cours. Ainsi, derrière les Galeries Lafayette, un partisan de la première heure de Robert Ménard lâchait lors d'une conversation à bâtons rompus : "Au lieu de s'attaquer aux façades et de faire de grands travaux, il fallait s'occuper du logement en profondeur, prendre ce problème à bras-le-corps. Sinon le centre-ville ne s'en sortira pas." Dominique Badiola habite au milieu de la rue Victor-Hugo depuis plus de vingt ans et la maison familiale de son époux est là depuis plus de soixante. Elle aussi a vu le quartier se dégrader petit à petit : "Je crois que rien n'a jamais été fait, ne serait-ce que pour entretenir les trottoirs. À chaque fois, vous vous demandez si vous n'allez pas vous casser la figure ». La paupérisation était déjà un petit peu enclenchée du fait que les gens avaient fui le centre-ville. La rue compte deux épiceries sociales, il y a des commerces qui ouvrent dans des garages, même si un a dû fermer parce qu'un morceau du balcon de l'appartement du dessus est tombé devant cet étal de vêtements d'occasion. Dominique Badiola poursuit : "Quand on voit tout ce qui est fait sur les allées Paul Riquet et l'argent qu'on y met et qu'à deux pas, mais vraiment à deux pas, il n'y a rien qui est fait pour améliorer, ne serait-ce que les trottoirs, je trouve cela un peu scandaleux » Une fois, elle est allée à une réunion de quartier avec le maire, il y a à peu près deux ans, et elle en est sortie complètement abasourdie : "Tout ce qu'on pouvait opposer, tout ce que l'on pouvait lui dire, c'était jamais de sa faute. Mais c'est le maire de qui ? S'il ne peut rien faire pour la municipalité, à quoi il sert ?" Elle déplore que les enfants du quartier soient obligés de jouer au ballon dans la rue : "Je me dis qu'un de ces quatre matins, il va y avoir un accident... Ils m'ont dit qu'ils n'avaient plus le droit d'aller jouer au ballon et faire du vélo au Plateau des Poètes, parce qu'il y avait les manèges. Je trouve cela désolant, ces enfants sont à la rue. »

 

Y-a t'il détournement de fonds car l'ANRU a pour but essentiel de rénover les quartiers à l'abandon ou défavorisés ?

 

1er juillet Début de la navette autonome, sans conducteur et électrique, qui arpente les allées Paul Riquet, de la grande roue jusqu'au parvis du Théâtre, avec un arrêt au niveau de la statue Paul Riquet. Pas du tout vouée aux empressés, la navette se déplace très très lentement. Seul petit problème c'est qu'elle a été financée à moitié par l'État, dans le cadre de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), sur un total d'environ 50 000 € TTC pour un peu plus de deux mois d'exploitation. Question : Y-a t'il détournement de fonds car l'ANRU a pour but essentiel de rénover les quartiers à l'abandon ou défavorisés ?

2 juillet Un enfant de 11 ans n'a pas été accepté à la cantine de l'école Pasteur à Béziers, car ses parents avaient omis de l'inscrire en ce début du mois de juillet. Son institutrice l'a conduit devant le portail avec les autres élèves et il a erré pendant 45 minutes dans les rues de Béziers avant de parvenir à joindre ses parents. Explication : c'est le nouveau système d'inscription à la cantine mis en place par la Mairie, qui est très rigide car il faut inscrire son enfant le premier jour du mois. Ambiance administrative !!!

5 juillet Nouveau discours révisionniste de Ménard lors de la commémoration des massacres d'Oran en 1962. Extraits : « Cette journée demeure l'une des pires journées que la France ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale ». (Il oublie un peu vite Dien Bien Phu (Vietnam) mais surtout les massacres coloniaux...) « Une journée qui a marqué la fin d'un monde et la fin de nos rêves ». (Là effectivement il n'a pas tort, c'est la fin de la colonisation en Algérie et le jour de l'indépendance algérienne...) « Mais les faits sont là : le 5 juillet 1962, dans une Algérie livrée aux barbares, une chasse à l'homme a été organisée contre des Français, chrétiens et juifs ». (Il oublie un peu vite, comme par hasard, les musulmans tués ce jour-là...) « Rien n'effacera la terreur qui a déferlé sur la ville ce jour-là, sur ce qui fut ma ville... Les cimetières français transformés en décharges. L'Algérie FLN s'est construite sur des charniers. (Ou comment on inverse l'histoire. Pour mémoire, il y a eu pendant cette guerre 25 000 soldats français tués (dont 15000 pendant les combats), entre 4000 et 4500 civils français d'Algérie tués ou disparus et autour de 10 à 15000 Harkis tués. En revanche, il y a eu, au minimum, 250 000 Algériens tués, chiffre qui va jusqu'à 800 000 morts selon certains historiens). Cela n'empêche pas le maire de Béziers, de finir son discours par des slogans colonialistes « Vive notre Algérie ! Vive notre Oran ! Vive notre France ! »

12 juillet Interview dans le Midi Libre de Benoit d'Abadie, agriculteur et deuxième adjoint à la mairie, chargé du développement économique, du commerce, des activités agricoles, des spectacles taurins et des prestations techniques des événements sur « l'Esprit du Sud » : « Je suis chasseur, pêcheur, j'aime la tauromachie. J'ai l'esprit du Sud avec cette culture, cette histoire, ce mode de vie. Les gens qui sont vegans, animalistes ou antispécistes ont, pour moi, très peu de connaissances sur la nature, sur l'agriculture, sur l'élevage. Je fais aussi partie d'un syndicat agricole qui s'appelle la Coordination rurale qui avait sorti un logo disant : "Si tu veux sauver un paysan, bouffe un vegan". Question de Midi Libre « Il y a quand même des problèmes : le traitement, les antibiotiques ?
Benoit d'Abadie répond : « En France, l'agriculture s'est toujours adaptée à ce qu'on lui demandait. Les grandes surfaces vous demandent de sortir des produits à bas prix pour nourrir les Français, on le fera. Et si on vous demande un produit à haute valeur ajoutée, il en sera de même.
Midi libre : Pour qu'un agriculteur vive, il faut donc des pesticides ?
Benoit d'Abadie explique tranquillement : « Dans l'état actuel des choses, oui. Je ne vois pas comment faire autrement. La majorité des viticulteurs avouent que, sans, ils ne pourraient pas survivre... de toute façon, je ne crois pas une seconde qu'on pourra nourrir l'humanité qu'avec du bio.
Question Midi Libre : La Feria 2018 aura, comme l'an dernier, une journée "Esprit du Sud". Qu'en attendez-vous ?
Benoit d'Abadie : C'est un mouvement qui est parti du Gers...avec comme principe que les modes de vie, les cultures, les traditions étaient mises à mal et qu'il fallait réagir et se défendre face aux attaques répétées. Ici, dans l'Hérault, ça fait deux ans que ça existe... Il nous reste énormément de travail à faire, on doit aller rencontrer des pêcheurs, des chasseurs... pour leur expliquer que, si un pan tombe (chasse à courre, tauromachie...), les autres tomberont derrière. Nous sommes solidaires, mais pas assez fédérés ».
Réflexion personnelle de Visa « On ne savait pas que la chasse à courre faisait partie de « l'esprit du Sud » ???

14 juillet Discours de Ménard à l'occasion de la fête nationale (extraits) : « Il nous faut profiter de ce 14 juillet pour le réaffirmer : la France ne se réduit pas à des chiffres, à des flux financiers, à des territoires en « synergie » comme disent nos énarques... Notre patrie, c'est l'envie de vivre ensemble selon un mode de vie forgé au fil des siècles. Un mode de vie ouvert aux autres mais qui, dans son essence, ne se négocie pas, ne s'abandonne pas » (À Béziers, on attend toujours ce mode de vie ouvert du maire !) « ... Ce patriotisme-là, je le chéris. Il est seul porteur d'un avenir. Il est seul porteur de l'espoir d'une France forte, respectée, rayonnante. Unique et exemplaire. Protectrice et exigeante ».

31 juillet Au Conseil Municipal, après une première passe d'arme au sujet de la vente de l'immeuble de la CCI, où l'élu communiste Aimé Couquet avait déjà dénoncé « l'agence immobilière des Ménard », il est revenu sur le recrutement d'un directeur des services généraux non titulaire : « Vous menez une croisade contre la fonction publique. Pour vous les fonctionnaires sont trop chers, inefficaces, inopérants. Comme d'habitude un poste important dans l'organigramme sera confié à un contractuel ». Réponse du maire : « Oui, je pense que le statut de fonctionnaire n'est pas une bonne chose. Mais ici, ils font un travail remarquable et ce n'est pas leur statut qui les protège mais leur compétence ». (Au fond, un programme libéral assumé !!)

7 août Le comédien, Philippe Caubère présente à Thézan-lès-Béziers son nouveau spectacle « Le Bac 68 ». « Venir ici, dit-il au Midi Libre, c'est une forme de soutien. Brandir le drapeau rouge à Béziers, ça ne me déplaît pas et d'y évoquer 68, ça a un sens un peu plus particulier encore ». Pour lui « mai 68 a vraiment été un grand mouvement d'espérance pour toute ma génération et celles qui ont suivi ».

10 août Le maire de Béziers a réagi sur France Bleu Hérault après avoir appris que l'État voulait cesser de financer le dispositif de sécurité pour la Féria (et donc le faire financer par la ville). De son côté, Ménard trouve « normal que la gendarmerie, la police, et les CRS soient utilisés gratuitement dans la ville pour assurer la sécurité ». D'après lui, « la ville investit près de 800 000 d'euros dans la Féria, dont la moitié est consacrée à la sécurité. Et l'État prend à sa charge le reste du dispositif de sécurité. « Si l'État confirme son intention, cela pourrait nous coûter jusqu'à 2 millions d'euros. C'est hors de question ! » assure-t-il. Pourtant, "cela fait des années et des années que les prestations des forces de sécurité sur le Tour de France ou autour des stades de football, sont payantes et ça ne pose de problème à personne", rétorque le sous-préfet de Béziers, Christian Pouget. Et de poursuivre : « On ne peut pas d'un côté avoir des collectivités locales qui organisent des festivités sans tenir compte du coût que cela représente en termes de sécurité... car la Féria, ce sont aussi des recettes pour les commerçants, pour les arènes... ». Reste à Ménard, deux solutions dont aucune ne fera plaisir aux Biterrois : « Soit on fait payer l'entrée, soit on arrête définitivement » la Féria.

13 août Lu dans le Midi Libre sur la Féria. « Chaude ambiance ce lundi dans les artères de la cité de Riquet. Sur les Allées, en plein cœur du Village de la 3ème mi-temps, le collectif Métissé a déplacé la foule. Des rythmes afro, latino pour se déhancher et rattraper la soirée de dimanche gâchée par la pluie ». Comme quoi les habitants de Béziers aiment faire la fête sur des musiques du monde malgré la propagande du maire sur son soi-disant « grand remplacement ».

27 août Étrange communiqué du maire d'un pays laïque : « C'est avec stupeur que j'ai appris le décès de sœur Bernadette, de la communauté Saint Joseph de Montrouge.... Sa mort dans un tragique accident de la route est une épreuve pour la Communauté de Puimisson et tous leurs amis dont je m'honore de faire partie. J'ai aussi une pensée particulière pour Frère Samuel, gravement blessé, Frère Philippe et Sœur Hostiana à qui je souhaite un prompt rétablissement. Je présente, avec mon épouse, à la Communauté Saint-Joseph de Montrouge mes condoléances les plus attristées. »

31 août Bonne nouvelle pour les quelques travailleurs de Béziers, la société EDF Énergies nouvelles qui avait pensé déménager sur Montpellier, a décidé d'abandonner son projet dans l'immédiat. Ménard en a profité pour se vanter d'avoir fait reculer l'entreprise ce qui est pour le moins largement exagéré.

3 septembre Et c'est reparti pour une nouvelle année de propagande ménardienne. Le jour de la rentrée, le maire de la ville a souhaité à tous les écoliers une bonne rentrée scolaire... Sauf que l'élève qui illustrait la photo du panneau publicitaire était un gentil garçonnet blond aux yeux clairs, pas très représentatif de la grande majorité des Biterrois, plutôt méridionaux mâtinés d'Espagnols, d'Italiens, de Gitans, d'Arabes et de Juifs. Des mélangés quoi !!!

3 septembre Ce même jour, Robert Ménard a fait un discours de haine pour le 17ème anniversaire de la mort de Jean Farret, ancien chef de cabinet de l'ancien maire Raymond Couderc, tué par un terroriste en 2001... Extraits « Jean Farret a été la première victime de ce qu'il faut bien appeler une nouvelle guerre. Il fut le premier. C'était en septembre 2001. Bien avant le colonel Beltrame, bien avant Nice, le Bataclan, le père Hamel ou Charlie. Avant même les tours jumelles. Le début d'une longue série... Ce jour-là, faut-il le rappeler, Jean Farret était assassiné par un islamiste. Un islamiste « bien de chez nous » oserais-je dire... un islamiste issu de nos quartiers dits « sensibles » (Voilà pour la stigmatisation d'un quartier et comment on désigne un ennemi...) Jean Farret a croisé la route de ceux qui crient « Allah Akbar », partout, de plus en plus nombreux, et de plus en plus fort. Depuis, la liste des victimes a grossi. Et cette guerre ne cesse de charrier des cadavres, des existences amputées, des deuils infinis. Une guerre que beaucoup – ces apôtres de la bonne conscience - ne veulent toujours pas voir, ne veulent toujours pas nommer. Par inconscience, par lâcheté, par soumission (Et qui sont les apôtres de la bonne conscience de Ménard ??) « Je crois au devoir, à l'obligation de se souvenir. Parce que chacun ici est d'un sol et d'une lignée. » (Et dire que la majorité des victimes de terrorisme sont des musulmans !!)

4 septembre Cet été les nouveaux jets d'eau de la place Jean Jaurès ont été abondamment utilisés par des enfants pour y jouer comme cela se fait dans bien des endroits. La canicule avait atteint des records dans la ville. Mais cette situation ne plaît pas forcément à Ménard : « Il ne faut pas que cela se transforme en baignoire. Nous avons assuré une surveillance constante par vidéo et j'ai donné des consignes à la garde urbaine et à la police municipale, suivant les heures, en disant, c'est un lieu où on peut marcher tranquillement mais on ne le squatte pas. Concrètement cela veut dire qu'il est hors de question de s'y mettre en tenue de bain. Il est interdit de se promener torse nu en ville et je fais respecter ça !! De même lorsque les jets d'eau fonctionnent, il est hors de question que des enfants ou des adultes se trouvent au milieu. » Et de préciser : «J'ai constaté qu'un certain nombre de gens et de familles qui avaient du mal à respecter les codes de bonnes conduites, s'installent comme s'ils étaient à la plage... Ce sont les mêmes qui se comportent mal dans les rues de Béziers. Nous nous sommes donné les moyens de les rappeler à l'ordre. J'ai pris toutes les mesures pour faire respecter les règles avec tact mais avec fermeté. » Même chose vis à vis des bancs autour de la place qui étaient utilisés comme table pour pique-niquer, il a aussi décidé de les enlever : « Je ne suis pas partisan de la manière douce tout le temps. Quand il faut être ferme, je le fais ». Finalement dans son communiqué, il a ensuite, un peu plus précisé sa pensée vis à vis des familles qui se comportent mal : « Je ne veux pas de concentration de population qui fait que d'autres populations ne viennent pas... Je ne demande pas l'origine et la carte d'identité aux gens, mais je ne veux pas d'un lieu ghetto ». Pour remédier à cette situation, il a alors décidé de faire appel aux associations qui pratiquent le judo, le tai-chi, yoga ou encore de la danse afin d'occuper cet espace devant les jets d'eau.

malaise qui monte chez le personnel

9 septembre Article pour le moins étonnant dans le Midi libre sur les écoles différentes. Après avoir parlé des écoles Calandretas, écoles bilingue Français-Occitan, et celle d'une mère de famille qui « à la chance de ne pas travailler » en élevant son enfant de 4 ans parce qu'elle a été formée à la méthode Montessori, le journal aborde d'une manière assez élogieuse le fameux Cours Gustave Fayet. Or cet établissement, privé hors contrat qui a été copié sur le modèle des écoles catholiques d'Espérance-Banlieue, bénéficie d'un soutien systématique et d'une publicité régulière dans le journal de la mairie...On apprend quand même qu'ils ne sont que 10 élèves cette année (malgré toute la pub de Ménard) avec des classes à double niveau dont une qui va du CE2 au CM2 car il n'y a pas de CM1 (?). On apprend encore qu'ils appliquent des méthodes pédagogiques variées, que les élèves portent un polo en guise d'uniforme et surtout que les parents doivent apporter les repas car il n'y a pas de cantine. Même si pour le directeur, Olivier Mouton, ce moment du repas est « un moment de socialisation très important » !

10 septembre La mairie de Béziers organise un voyage de 4 jours à Paris pour les seniors du CCAS...Parmi les activités que proposent la mairie « flânerie dans les merveilleux Passages Couverts de la capitale, émotion devant les tombes célèbres du cimetière du Père Lachaise », et puis comme par hasard, « visite de l'Assemblée Nationale sous la conduite de notre députée Emmanuelle Ménard ». Ou comment à Béziers, on fait de la politique à peu de frais. Enfin à propos du prix de ce voyage sachez que le tarif est de 300 euros par personne mais que les repas du midi sont à la charge des touristes biterrois. Autre moment de sociabilisation non pris en charge !!!

14 septembre On se souvient tous des affiches très misogynes de la mairie de Béziers, comme celle de « l'État étrangle les communes » représentant un homme en train d'étrangler une femme, et bien il n'y a plus rien de tout cela aujourd'hui. En effet, une convention a été signée entre l'agglo, la mairie de Béziers, la préfecture de l'Hérault et l'ANRU (agence nationale pour le renouveau urbain) qui prévoit un financement pour le Centre-ville de Béziers (encore une fois) de réhabilitation, développement économique et commercial et de mise en valeur de l'espace public et du patrimoine... Parmi ces 29 actions, certaines n'aboutiront pas mais déjà la valorisation de l'Hôtel consulaire, du Grand hôtel moderne et de la maison des Arts sont en bonne voie. Bref, encore du clinquant pour le centre-ville au détriment des autres quartiers de la ville.

20 septembre Robert Ménard annonce qu'il reprend en main la police municipale, la médiation et la garde urbaine. Dominique Garcia, (qui était jusqu'alors le responsable de la police municipale), reste cependant son adjoint pour des commissions de sécurité et des grands événements comme la Féria. S'agit-il d'un limogeage déguisé ? Dans tous les cas, il annonce qu'il va créer une police municipale de proximité et du quotidien et la mairie prévoit d'embaucher un nouveau responsable. Indirectement il a critiqué son adjoint en précisant que cette nouvelle entité va cibler « les gens qui squattent sur la place de la Citadelle cet été, les gens qui hurlent ou jouent de la guitare jusqu'à 4H du matin parce qu'ils savent qu'ils ne se lèvent pas le matin. On peut verbaliser mais on ne le fait pas assez » Ambiance biterroise à venir !

22 septembre La « Fête de la gastronomie » créée en 2011 par plusieurs ministères pour faire résonner « l'excellence » de la gastronomie française dans les territoires, est devenue cette année « Goût de France ». Est-ce que l'effet est lié au glissement vers un nationalisme décomplexé de toute la société ? Toutefois à Béziers, l'office du tourisme « invite » les gens à « arpenter le centre historique de Béziers, ses rues anciennes, sa cathédrale en compagnie des conteurs et amis de Saint-Aphrodise » Tout cela, pour une somme entre 6 et 10 euros. Ici, pas de petits profits. On veut bien attirer les touristes mais les faire payer !

24 septembre Les quatre syndicats des personnels de la mairie (CGT, CFDT, FO et FA-FTP) réunis en intersyndicale, ont dénoncé dans un communiqué commun le malaise qui monte chez le personnel. Ils affirment que « les réorganisations incessantes avec dépeçage de certaines directions, la suppression de certains services, comme la médiation, les animations sportives, la médecine sportive, les changements d'organigramme en 4 ans (plus d'une soixantaine) et des carrières fulgurantes pour certains comme une secrétaire qui en deux ans, est devenue directrice d'un service », explique ce mal être croissant du personnel. Ils dénoncent également « une baisse des effectifs, un déficit d'information et de communication, une panne d'ascenseur social mais pas pour tout le monde, une déprofessionnalisation qui se traduit par une polyvalence extrême et des métiers vidés de leur sens ». De son côté, le maire assume complètement tous ces changements. Pour lui, la mairie fonctionne mieux qu'avant et le malaise avancé s'explique par les élections professionnelles qui s'approchent (6 décembre) : « Aujourd'hui c'est la surenchère continuelle, c'est à qui sera le plus radical pour essayer de rafler la mise... » Le mépris classique de ceux qui refusent d'entendre leurs employés.

24 septembre Ce même jour, au conseil municipal, Annie Schmitt, première adjointe a présenté la révision du budget primitif et indiqué notamment une réduction de 1 million d'euros des charges du personnel. Elle a aussi parlé de la contribution de la société d'économie mixte des Pompes funèbres ainsi que la somme de 1 million 549 907 euros d'amendes de police au budget de la ville. Aimé Couquet (élu communiste) a demandé que les recettes provenant des Pompes funèbres ne soient pas versées à la commune mais qu'elles puissent servir à baisser les tarifs des Pompes funèbres. Jean-Michel Du Plaa (élu socialiste) a souhaité savoir à quoi correspondaient les réductions sur les charges du personnel (même chose pour l'élu de droite Pascal Resplandy) mais aussi avoir des explications sur les amendes policières. Les réponses du maire ont été assez floues et concernant les Pompes funèbres, il a répondu assez sèchement à Aimé Couquet : « Une société d'économie mixte n'a aucune raison de ne pas faire des bénéfices, sinon cela s'appelle un service municipal. Elles sont bien gérées et cela rapporte de l'argent ». Sur ce, il a carrément coupé le micro de l'élu d'opposition, estimant que le débat était clos... Sans micro, Aimé Couquet a quand même affirmé que la baisse des charges salariales est due à la privatisation des services de la mairie. Bref à Béziers, dès que les questions deviennent un peu trop gênantes, on coupe les micros. (ambiance).

26 septembre Et encore des dépenses pour des contribuables biterrois. En effet, les frais de procédures des trois plaintes déposées suite à la petite bousculade dont a été victime Ménard, lors de son déplacement en Gironde à St André-de-Cubzac, le 5 mai dernier, s'élèvent à 18 000 euros. Sommes que doit verser la ville à l'avocat parisien Gilles-William Goldnadel (très connu dans les milieux de la droite dure). Encore une fois, on se demande pourquoi les habitants devraient payer une somme aussi élevée. Pour rappel Ménard s'est déplacé en Gironde pour un meeting en vue des élections et non pas pour représenter la ville. De plus, ce jour-là, il a été à peine bousculé. Une chose est sûre, c'est qu'il a réussi à obtenir un arrêt de travail de 4 jours mais tout le monde l'a vu le lendemain de cette « agression » en train de danser sur la place de la mairie, pour fêter la victoire des joueuses de l'équipe de Béziers de Volley.