Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

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Mars: Avant chaque film projeté à Monciné (les cinémas du Polygone) il y a un petit film publicitaire sur Béziers. Curieusement, il n'y a aucune photo de Paul Riquet. En revanche, on trouve un travelling avant et arrière au ralenti sur les Galeries Lafayette, dont le locataire (avec option d'achat d'ici quelques temps) est, comme par hasard, le propriétaire du Polygone... Question cadeaux, les amis s'entraident.

D'ailleurs, un coin « boutique de la ville » vendant des produits dérivés, s'installe au sein des Galeries Lafayette à raison d'une contribution de 500 euros par mois + une contribution sur les ventes de ces produits dérivés. On savait déjà que l'on trouvait à toutes les caisses des piles du Journal de propagande du maire mais maintenant on peut dire que la mairie propriétaire des Galeries Lafayette devient locataire de son locataire...

Mars encore. Suite à la victoire électorale de la coalition entre la Ligue italienne, parti ouvertement raciste, et le Mouvement populiste Cinq étoiles, les Ménard(s) ont envoyé plusieurs Tweet victorieux. Emmanuelle : « En Italie, l 'union des droites en tête, que cela nous serve d'exemple en France. » Et le Robert : « Triomphe des populistes, rejet de l'immigration massive, les Italiens ont voté comme les Hongrois, les Autrichiens, les Tchèques, les Polonais... L'Europe bascule ! »

Mars aussi. Extrait de la chanson « Plan B » du dernier album du slameur Grand Corps Malade : « Quand t'es noir et musulman et que tu veux habiter à Béziers, Quand dans un discours de Ménard, tu cherches de l'Humanité, Quand t'es docteur dans ton pays et qu'en France t'es un clandé, C'est à l'échelle de ta vie que tu dois passer au plan B » Comme le dit le journal La Pieuvre du midi N°93 « Quelle magnifique publicité pour la ville !»

Mars toujours. Lors du vernissage d'une exposition de photographies d'Eric Lucas au Barnabu, bar associatif, la police municipale débarque sur plainte du voisinage, pour demander à arrêter la musique et accessoirement pour verbaliser, 68 euros d'amende. Seulement, il est 21h. Oui 21h... A quelques pas de là, aux alentours de minuit, sur la place de la mairie, restaurants et bars diffusent de la musique à un niveau sonore beaucoup plus élevé que celui du Barnabu à 21h. Et curieusement personne ne vient les verbaliser (La pieuvre du midi N° 94)

Avril Ménard aurait fait une cour assidue (et même pesante selon certains) aux membres du parti de Wauquiez afin que celui-ci ne donne aucune investiture à Béziers pour les municipales de 2020 et qu'on lui laisse champ libre... Information parue dans la Pieuvre du Midi N° 96, ce qui doit faire plaisir aux deux candidats potentiels de ce mouvement sur Béziers (Resplandy et About)

Avril aussi L'installation des nouveaux parcmètres de la société privée Effia envahissent Béziers et les plages horaires payantes ont, comme par hasard, augmentée de 2 à 3 h (matin et soir). De plus, le périmètre de ces installations s'est visiblement agrandit. Ainsi les usagers de la piscine Léo-Lagrange (gérée par l'Agglo) ont eu la surprise de les voir s'installer, l'agglo n'ayant même pas été consultée. Et il semblerait que ce périmètre doive s'agrandir encore un peu...

Avril toujours. Les Menard(s) s'activent toujours pour « doubler » le FN. Cette fois-ci c'est dans la Région qu'une nouvelle appellation vient d'apparaître « Les Patriotes du Biterrois » afin « d'élargir le courant qui a porté Robert Ménard à la tête de la Ville de Béziers.» L'objectif? «L'émergence de listes de rassemblement locales non étiquetées FN. Une première déclinaison locale vient de voir le jour avec Choisir Sauvian, tout juste déclarée en association à la Sous-Préfecture. Son président est... Jacques Nain, le suppléant d'Emmanuelle Duverger-Ménard qui, délaissant la politique valrassienne où il n'avait guère eu de chances, tente le pari de Sauvian où il réside. Quant à l'activité de « Choisir Sauvian », elle se limite à relayer les communiqués de la Ménard Family. On parle aussi de Didier Bresson, ancien élu de la municipalité Couderc, devenu adjoint de Robert Ménard à l'urbanisme pour succéder à Gérard Gauthier à Cers. À Corneilhan... les choses semblent aussi se mettre en place autour de l'ancienne liste « Corneilhan d'abord » conduite par Élisabeth Raspini et surtout Jean-François Gelly. À Valras-Plage, Henri Bec (FN tendance royaliste) ne semble plus assuré du soutien de Robert Ménard qui pourrait accorder sa préférence à la dynastie Villeneuve. On voit bien qu'au-delà de Béziers, l'intérêt manifesté par la Ménard family pour les communes semble confirmer que la conquête de l'Agglo est bien en ligne de mire et au-delà, de leur stratégie pour essayer de se retrouver au centre d'une union entre la Droite et l'extrême droite.

12 avril : suite à une réunion des courants catholiques et royalistes, tenue en mars à Angers à laquelle ont participé nos deux Ménard, Valeurs Actuelles publie « l'appel d'Angers » dont voici quelques extraits révélateurs : « Il est temps de tracer un nouveau chemin, d'en finir avec des années de terreur intellectuelle qui interdisait toute pensée non conforme au catéchisme de la gauche « morale ». Il est temps de fonder une grande alliance de droite, parce qu'il est temps de donner enfin la victoire au peuple, à notre peuple... La majorité silencieuse n'attend qu'un signe pour se réveiller ! Déjà, dans toute l'Europe, de la Pologne à l'Italie, en passant par les pays de l'ancienne Autriche-Hongrie, des coalitions de droite s'organisent, progressent, prennent le pouvoir. Il est temps d'en prendre conscience : nous sommes à l'ère des possibles, les murs du politiquement correct se fissurent. Allons-nous demeurer spectateurs ? Non, la France ne peut pas rester au bord du chemin.... » Et puis l'appel se termine par l'organisation « sans exclusive d'origine,... pour apprendre à se connaître et favoriser les rapprochements locaux et nationaux » Etc...etc... Et voici les principaux signataires extrémistes : Charles Beigdeber, ancien vice-président du Medef et soutien à Marion Maréchal, Jacques Bompard, maire d'Orange, Christine Boutin, ancien Ministre ; Pascal Gannat, conseiller régional (Pays de la Loire), Marie-France Lorho, député (Vaucluse) Ligue du Sud, ; Thierry Mariani, ancien Ministre ; Les Menard bien sûr, Charles Millon, ancien Ministre ; Bruno North, Président du CNIP ; Karim Ouchikh, Président du SIEL ; Jean- Frédéric Poisson, Président du PCD (parti catholique démocratique). On remarquera quand même que cette nouvelle tentative d'union des droites se trouve essentiellement sur son penchant extrême mais sans le RN/FN, ni les Républicains (en dehors de Mariani) n'y même Nicolas Dupont-Aignan ou autre Philippe de Villiers... Ménard chercherait-il à doubler non seulement le FN/RN mais aussi Nicolas Dupont-Aignan ?

13 mai Ménard ayant décidé de se passer des partis politiques et notamment du FN/RN pour un deuxième mandat municipal (et tentant de le doubler sur sa droite), le parti extrémiste se retrouve un peu coincé pour les prochaines municipales 2020 à Béziers. On se souvient de Louis Aliot (le compagnon de Marine et n°2 du parti) qui avait dit : "Je n'accepte pas les propos inamicaux et diviseurs de Robert Ménard à l'égard de ceux qui ont contribué à son élection." Et de préciser sa pensée : "Son faux discours d'union ne fera pas oublier sa radicalité. Contrairement à ses dires, le FN-RN est un point d'équilibre entre identité et souveraineté.". Mais à l'heure actuelle, il n'y a aucune consigne du parti pour Béziers. La commission d'investiture du RN/FN ne désignera les têtes de liste qu'en septembre prochain. Gérard Prato, le dirigeant du RN/FN dans l'Hérault admet avoir "discuté avec Robert Ménard et lui a dit qu'il fallait qu'il arrête de tirer sur l'ambulance, qu'il ne fallait pas qu'il oublie qu'il avait été élu grâce à de nombreuses voix d'électeurs frontistes" mais pour l'heure, rien n'est décidé. On verra bien si la stratégie sera celle de Bruno Lerognon, très critique envers les deux Ménard : aligner un challenger estampillé 100 % FN face à Robert Ménard, au risque de faire un faible score ou laisser l'actuel maire faire cavalier seul... Histoire à suivre....

15 mai Il y a d'un côté les belles façades rénovées sur les Allées (avec l'aide de l'agglo) et ailleurs, des Biterrois qui attendent avec impatience que des travaux commencent. Un reportage du Midi libre décrit ainsi le paysage des riverains du quartier de l'Hours : « Trottoirs et chaussées défoncés, éclairage public installé provisoirement avec lampadaires accrochés sur des poteaux de bois fixés sur des blocs de béton, une trentaine de grandes GBA (glissières en béton armé) installées le long des trottoirs pour empêcher le stationnement sauvage, des détritus coincés derrière les GBA aux côtés de conteneurs à ordures, certains entourés de déchets... Bref, un paysage désolant, à l'image des façades et de l'intérieur des immeubles habités de la cité ». Alors, des habitants ont créé une association et listé tout ce qui ne va pas car ce secteur est en attente de travaux pour des projets immobiliers dans le cadre de la Zac de l'Hours. Cela dit, sachant déjà qu'un promoteur s'est désisté sur une des parcelles, les riverains risquent de devoir patienter encore quelques temps...

17 mai. La cinquantième Feria de Béziers, qui aura lieu du 10 au 15 août, sera gratuite. Mais ce ne sera peut-être pas le cas des éditions suivantes. Au micro de France Bleu Hérault, Robert Ménard a affirmé que la question de l'entrée payante se pose sérieusement. Le renforcement de la sécurité, pour répondre aux attentats fait augmenter le budget des festivités, alors qu'au même moment, les dotations de l'État baissent. Et d'ajouter « Je ne dis pas que nous allons le faire à Béziers, je dis qu'il faut ne rien écarter aujourd'hui. Nous ne pouvons pas continuer comme ça, avec une explosion des frais de sécurité ». Histoire de nous préparer pour l'année prochaine ?

22 mai Journée de grève dans les cantines scolaires de la ville. Les Agents Territoriaux des Écoles Maternelles (Atsem) réalisent tout au long de la journée différentes missions : de l'accueil à la gestion d'activités pédagogiques conçues par l'enseignant en passant par la prise en charge de l'hygiène des enfants et l'aide à la préparation matérielle. Or la nouvelle organisation de leur temps de travail présentée par la mairie pour l'année prochaine (et pour faire un peu plus d'économie sur le dos des employés) supprime le temps de préparation des différentes activités scolaires. Ce temps était prévu pour la création de jeux pédagogiques, fabrication de matériel, préparation des activités peinture, aide à la fabrication des costumes et des masques de carnaval etc... Mais la mairie trouve que cela n'est pas nécessaire. Ce temps de préparation serait donc basculé sur un temps de surveillance de cantine (deux jours par semaine) ou de garderie du matin (les deux autres jours). Ce qui amènerait automatiquement le temps de travail d'une ATSEM à presque 10 heures par jour ! La pénibilité de leur travail aurait alors de graves répercussions sur les élèves et les enseignants (sécurité et hygiène des enfants de mauvaise qualité, activités pédagogiques muselées par des contraintes matérielles, adultes épuisés après 10 heures de gestion d'élèves). Mais ce qui est encore plus grave c'est que le personnel des cantines des écoles maternelles se retrouverait au chômage (et cela concerne environ 60-70 personnes). Voilà les raisons de cette grève. Pourtant sur le site de la mairie de Béziers, on peut lire après la photo d'enfants souriants dans une école maternelle, ce mépris affiché pour le personnel : « En raison d'un mouvement de grève national, le fonctionnement des restaurants scolaires risque d'être perturbé. Les agents grévistes n'étant pas tenus de nous informer à l'avance de leur intention de grève, nous ne pouvons garantir les conditions habituelles d'accueil et vous invitons donc à prendre vos dispositions ».
D'autres part, on apprend que le tarif des coins-jeux dans les écoles maternelles va augmenter. On demandera ainsi aux parents 10 euros par mois... Même chose pour l'étude surveillée.. Elle sera payante... Ces situations ne sont pas uniquement spécifiques à la gestion de l'extrême droite mais elles prouvent le double discours entre ceux qui disent « défendre les plus pauvres, faire du social » et leur gestion ultra-libérale.

22 mai... Tiens, tiens, Robert Ménard confirme que le nouveau directeur de cabinet du maire, Jean-Michel Bassat dit de Courthezon, successeur d'André-Yves Beck, en poste depuis 18 mois a démissionné. Il précise que "Jean-Michel a d'autres projets. Peut-être plus personnels. Il va voguer vers d'autres horizons ». D'une manière étonnante pour un poste de responsabilité, le maire ne parle pas pour l'instant de le remplacer : "On va voir, nous avons le temps d'y réfléchir. Le cabinet fonctionne très bien, donc tout va bien." Étrange comme réflexion pour un collaborateur à cette fonction ?

22 mai encore Lors du conseil municipal, les élus ont eu à délibérer sur la nouvelle organisation du temps scolaire mais c'est surtout autour de l'augmentation des tarifs du temps périscolaire pour les écoles élémentaires et des coins-jeux pour les écoles maternelles que les débats ont été particulièrement animés. Même un élu de droite, François Perniola, a regretté cette augmentation qui va "pénaliser les familles les plus modestes et celles dont les deux parents travaillent". Françoise Arnaud-Rossignol, (élue PS) s'est demandée pourquoi il n'y a plus de tarifs liés au quotient familial et elle s'est aussi interrogée sur l'absence d'études surveillées, alors que "certaines écoles bénéficient de l'accompagnement éducatif qui sera encore pris en charge par l'État cette année, à partir de la rentrée". L'élue a voulu enfin connaître les conditions pour pouvoir bénéficier de la garderie gratuite du matin entre 7 h 30 et 8 h 30 ou 8 h 45 selon les niveaux. De son côté, Aimé Couquet (PCF) a proposé que "comme la cuisine centrale dégageait des bénéfices" pourquoi ne pas verser cet argent-là, "pour permettre de faire la gratuité dans le domaine périscolaire et le coin jeux". L'adjointe au maire, Alberte Frey a alors répondu, « L'accueil du matin, qui est gratuit, est réservé en priorité aux parents qui travaillent. Pour le soir, aujourd'hui, nous n'avons aucune idée de ce que deviendra l'accompagnement éducatif. J'ai exposé aux parents et aux enseignements les contraintes de la Ville. Financièrement, on ne pouvait pas aller au delà d'une heure et quart. Un quart d'heure de plus qui va coûter 49 000 € à la commune." L'adjointe a rappelé « que le cartable "serait ouvert pendant ce temps périscolaire" pour conclure "nous incitons les parents à venir les récupérer dès la fin de l'école, et pour ceux qui travaillent, on a diminué les tarifs par rapport à ce qu'ils payaient avant.". Finalement, l'économie de la ville se fait toujours sur le dos des plus pauvres...

22 mai toujours. On se souvient de la petite bousculade de Robert Ménard, le 5 mai dernier à Saint-André-de-Cubzac en Gironde et son son ITT totale de 4 jours (alors qu'il dansait le lendemain lors de la réception des volleyeuse devant la mairie). Et bien, il a fait voter, lors du conseil municipal, une motion de soutien pour avoir portée plainte. Question posée par les opposants « Qui allait payer les frais de justice ? », puisque le maire y a été dans le cadre de sa tentative d'Union des droites et de contour du RN/FN au niveau national et non en tant que maire. Bref, encore des dépenses pour le contribuable...

23 mai Le Conseil d'état examinait la décision du maire de Béziers de créer un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans. La LDH qui contestait "la proportionnalité de cette mesure de police" a été suivie mercredi dans son analyse par le rapporteur public de la plus haute juridiction du pays. Aurélie Bretonneau, dans ses conclusions, s'est ainsi appuyée sur des chiffres produits par le commissariat central de Béziers. Il y apparaît certes que les infractions (vol à la roulotte, actes de vandalisme) ont augmenté de 68 à 71 %, au premier semestre 2014, mais le commissariat précise toutefois que "rien n'atteste l'implication des mineurs dans ces hausses". Le rapporteur public a donc proposé d'annuler l'arrêté du maire de Béziers. "On ne minore pas les difficultés, a-t-elle ajouté. Il n'est pas bon pour les enfants de passer les nuits en errance, mais on ne peut édicter des couvre-feux dans toutes les zones où l'on trouve des mineurs."

24 mai Michel Colas, secrétaire départemental de l'Hérault et membre du bureau national, de Debout la France, était ce jeudi à Béziers pour porter la parole de Nicolas Dupont-Aignan. Il a présenté un référendum sur l'immigration, impossible par son mouvement mais surtout il a parlé des municipales. Et le mot d'ordre national est clair : "Debout la France présentera des candidats partout. Lorsque je dis partout, cela peut être des listes complètes, ou des listes d'intérêt commun. Toute implication de Debout la France dans une liste d'intérêt commun fera l'objet d'un accord au niveau national. Il n'est pas question que des gens de Debout la France aillent sur une liste sans l'aval du national. Que ce soit Béziers, Agde ou Sète, tout passera par le national." Lorsque l'on fait remarquer que Robert Ménard a annoncé qu'il ne demanderait le soutien d'aucun parti pour les prochaines municipales, la réponse est : "Si Robert Ménard n'a pas besoin des partis, tant mieux pour lui. Maintenant, pour être élu, dans l'intérêt commun, il va falloir qu'il s'équipe au niveau de sa liste, avec des gens qui potentiellement lui apportent des voix. Il aura besoin de l'électorat de droite s'il veut être réélu." Et de préciser son intention : "Tous les maires actuellement en place, à un moment ou à un autre, même si Debout la France représente un petit pourcentage par rapport à d'autres partis politiques, c'est des fois ce qu'il manque pour être élu ou réélu. Le mouvement des Amoureux de la France travaille aussi au niveau local. De son côté, Serge Polato, conseiller municipal de Robert Ménard, souligne : "Le contexte de Béziers est très particulier car l'enjeu de 2020 sera un peu différent de celui de 2014, parce qu'il faudra défendre un bilan et c'est les citoyens qui vont le faire."

26 Mai. Le maire de la commune Salvetat-sur-Argout, annule au dernier moment, (et pour de simples questions administratives, comme l'absence d'attestation d'assurance ou du récépissé d'enregistrement de l'association en préfecture) une journée festive de rencontres-débats prévue par l'association « Fraternitat », afin de protester contre la présence de la secte « Les Brigandes » dans ce village. Sur le site de la Ligue du Midi (extrémistes violents de notre région et très amis avec les Brigandes) on peut lire ce genre de « prose » ... « La députée de la France Insoumise Ressiguier, surnommée « Miss Goulag » pour son « attachement » aux libertés publiques, se fait accompagner de tout un « cirque » dont des casseurs, des syndicalistes de type Torrès (Sud Solidaires)... Le bourgeois gauchiste Alliès, coqueluche de la gaucho-bobo-sphère et ami de l'Islamo-gauchiste Edwy Plenel... retraité sénile qui appelle « démocratie » les universités transformées en squats ». On trouve encore sur ce site des dénonciations nominatives (décidément après Ménard, l'extrême droite aime bien ce genre de pratique !) : il dénonce la compagne d'un militant anarchiste « qui excelle dans un jeu de « femme à barbe » aux remugles de hyène, avec quelques autres membres du harem telle Marion la teufeuse ou Chloé, venue de Montpeyroux, en dinde-perroquet, qui, lorsqu'elle est en transe, prononce des oracles ». Bref, à vomir... A noter toutefois que les Brigandes et la Ligue du midi ont organisé un concert en commun dans le cabaret « Le Castel » situé à Villeneuve-les-Avignon, qui appartient à Philippe Cabassud, ancien directeur de publication du mouvement néo-fasciste « Troisième Voie » interdit suite à la mort de Clément Méric en 2013. Bref, on se demande pourquoi le préfet n'interdit pas ces mouvements qui polluent notre région.

27 mai Lors de la cérémonie de la Journée de la Résistance, Ménard a dévoilé une statue à la mémoire de Jan Palach, ce jeune étudiant qui s'immola à Prague en 1968 pour protester contre l'invasion soviétique de son pays, la Tchécoslovaquie. La ville de Béziers avait déjà donné le nom d'une rue à Jan Palach, mais pour Ménard, ce n'était pas suffisant. « C'est une toute petite rue » et de déclamer « Face à Jean Moulin, je trouve que c'est un symbole fort, un jeune homme qui préfère son pays à sa propre vie, la liberté à sa propre vie » dit-il. Mais que l'on ne s'y trompe pas, derrière cette inauguration, cet hymne à la liberté et aux sacrifices venant de Ménard et de toute l'extrême droite, se cache une volonté de réduire le rôle de la Résistance face au nazisme pendant la deuxième guerre mondiale pour le remplacer par la lutte contre le communisme (en général et pas uniquement contre le stalinisme) ou alors de minimiser tout changement de société comme les espoirs de mai-juin 1968. D'ailleurs, Ménard pense que « c'est un beau modèle pour toute notre jeunesse et que c'est une belle façon de commémorer Mai 68". Comme par hasard, l'extrême droite aime commémorer ceux qui s'opposaient aux soviétiques mais très très rarement ceux qui ont été tués par les Américains ou même par les Français dans les répressions policières ou lors des dominations coloniales.

27 mai. Alors que se déroulait une soirée consacrée à l'anniversaire des 70 ans de la création d'Israël, quelques personnes sont venues protester contre la terrible répression qui s'abat sur les Palestiniens, aux cris de « Vive la Palestine » et « Palestine vaincra ». Deux personnes du groupe ont été interpellées par la police à l'extérieur du bâtiment. Il leur est reproché d'avoir organisé cette manifestation et d'avoir proféré des insultes à caractère antisémite, ce que démentent vivement les intéressés (qui ont même filmé leur manifestation). Les deux personnes ont quand même passé 19h en garde à vue sans que personne ne vienne leur demander des explications.19h au poste de police, cela fait beaucoup pour un droit de manifester, non ?

28 mai Pas de surprise pour cette cinquième édition de la programmation de l'été version Robert Ménard, l'été sera familial et sans grain de folie. Une Fête du rosé, le vendredi 15 juin. Une fête de la musique le 21 juin. Une journée poésie le samedi 30 juin, quelques concerts. Un feu d'artifice le 14 juillet et entre le 6 juillet et le 26 août, place de la Madeleine, un nouveau spectacle son et lumière « Les cathares, le trésor de Béziers » sera projeté, et sous l'appellation Les Nuits de Béziers, il y aura aussi trois concerts payants dans les arènes. Décidément, Ménard aime bien l'époque « médiévale ». A noter que ce « festival » a reçu le soutien du département dans le cadre de la « création et la diffusion artistique et culturelle ». Et puis il y aura la Feria, dont c'est le 50e anniversaire, qui débutera le vendredi 10 août avec comme d'hab, le défilé de la Vierge suivi de la messe aux arènes

29 mai. Le faux plafond d'une classe de l'école élémentaire Pellisson à Béziers s'est effondré sur des élèves et une enseignante, en faisant 13 blessés. Ce malheureux fait divers relance la question de l'investissement de la municipalité dans les écoles municipales. Déjà en chute libre sous l'ancien maire de droite Raymond Couderc, il a complètement chuté sous Ménard pour se retrouver, pour la période 2015 à 2020 à 4.585.250 € soit environ 764.000 € par an... De son côté, l'unité sauvetage et déblaiement des pompiers a lancé une expertise rapide de toute l'école et une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet de Béziers afin d'établir les responsabilités de chacun. Comme par hasard, 5 jours plus tard, l'inspection de toutes les écoles municipales de Béziers du type de Pellisson et construites au début du XXe siècle, a été faite par la mairie qui a tenu à nous rassurer « aucun élève des écoles municipales n'est en danger et tous pourront terminer sereinement l'année scolaire ». Heureusement pour lui, car « l'image de marque » du maire en prendrait un sacré coup si cela se reproduisait du fait d'un manque d'investissement...

4 juin. Le tribunal de Béziers relaxait deux policiers municipaux de Béziers de faits de violence commis sur un couple dont le conjoint était alcoolisé mais, fait étonnant, le parquet de Béziers a fait appel de cette décision. Les faits remontent au 7 décembre 2015. Le plaignant était interpellé une première fois en état d'ébriété et conduit au commissariat sans être placé en garde à vue. A sa sortie, il se retrouvait de nouveau face aux policiers municipaux. La vidéosurveillance montre l'homme et sa femme face aux policiers. On sent que le ton monte, mais il n'y a pas de geste de violence. Toujours sur la vidéo, on voit le couple partir et les policiers se précipiter dans leur direction. Rien de plus, sauf qu'un peu plus tard, l'homme est de nouveau amené au commissariat de Béziers et selon le rapport de l'OPJ, il est cette fois-ci couvert d'ecchymoses. Au parquet de Béziers, on se refuse à tout commentaire sur ce point. Cependant on explique : « Nous savons tous que les policiers municipaux ou nationaux font un travail remarquable et difficile. Nous comprenons tous les difficultés de cette profession En revanche, nous ne pouvons accepter l'idée que certains commettent des gestes de violence. » Une situation qui irrite le premier magistrat de la commune, Robert Ménard, qui, sur un ton accusateur lance : « Le moins que l'on puisse dire, c'est que le procureur est partisan dans cette affaire comme dans beaucoup d'autres concernant la commune. Je le regrette. Je réaffirme mon plein soutien aux policiers municipaux car ils ont besoin d'être soutenus et pas suspectés ».
Question intéressante: les policiers connaissent ils exactement l'emplacement des caméras de surveillance ?

5 juin. Le tribunal administratif de Montpellier vient d'infliger une défaite juridique aux prétentions du maire. Non seulement ce dernier a été condamné pour l'installation de sa énième crèche dans le hall de la mairie de Béziers mais en plus, il s'est permis d'attaquer deux militants de la Libre Pensée de l'Hérault et un membre de la LDH qui exigeaient le retrait de cette crèche. Pour lui, les militants de la Libre pensée « ne sont pas une association de défense laïque » et de tenter de se justifier en indiquant que « la crèche de Noël avait été retirée en janvier ». Le Tribunal n'a pas été dupe de ces arguments et l'a débouté sur le fond.

6 juin Et de deux !! La Ligue des Droits de l'Homme a obtenu du Conseil d'État l'annulation du couvre-feu décidé par Robert Ménard, en juillet 2014, pour les mineurs de moins de 13 ans non accompagnés. Un texte qui, contrairement à un premier arrêté pris quelques mois auparavant, ne prévoyait plus d'amende, mais envisageait des poursuites contre les parents. La décision de la Cour administrative d'appel de Montpellier a donc purement et simplement annulé l'arrêté du maire car « les documents produits par la ville de Béziers n'apportent pas d'éléments précis et circonstanciés de nature à étayer l'existence de risques particuliers relatifs aux mineurs de moins de 13 ans dans le centre ville de Béziers et dans le quartier de la Devèze pour la période visée ». De plus, la mairie est condamnée à verser à la Ligue des droits de l'Homme 5 000 €.

7 juin Prenant prétexte du retour à la semaine de 4 jours, la mairie a présenté aux directeurs des écoles la nouvelle organisation de travail des Agents territoriaux des écoles maternelles (Atsem) pour la rentrée prochaine. On leur a donc annoncé (sans aucune concertation) que les Atsem viendraient dorénavant en renfort dans les cantines scolaires. Jusqu'à présent, c'était des employés municipaux, souvent des contractuels, qui s'en occupaient. Selon certaines informations, il semblerait que ces employés ne vont pas disparaître complètement, mais être déplacés. Où ? On ne sait pas encore. Ce changement implique une augmentation de la plage horaire pour les Atsem sur la journée qui vont passer "presque 10 h devant les élèves !" Actuellement, les agents, qui ont tous passé un concours, sont un par classe pour la section des tout-petits et un pour deux classes pour les moyens et les grands. Les Atsem sont l'un des piliers des classes maternelles. Une Atsem, sous couvert d'anonymat, confirme au Midi Libre, « ils nous ont proposé de faire soit la cantine, soit le centre aéré, soit des ménages. Les filles ont choisi la cantine, par défaut, mais nous avons demandé à ne pas faire le coin jeux ce jour-là, ce qui ne nous a pas été accordé. La majorité ne veut pas sacrifier les vacances, alors elles ont préféré alourdir la semaine. Il faut aussi revenir douze mercredis matin pour faire le travail de préparation." L'agent précise : "Avant l'arrivée de Monsieur Ménard à la mairie, nous avions un temps de travail dérogatoire qui prenait en compte la pénibilité. Là, il nous a rajouté 138 heures." Lors du conseil technique paritaire, tous les syndicats (CGT, CFDT, FO et autonomes) ont voté contre cette réorganisation, ce qui en dit long sur la volonté de dialogue du Maire.

8 juin Cela s'agite toujours à l'extrême droite pour les élections municipales de 2020 et les départementales de 2021. Gilles Pennelle, délégué national aux fédérations et Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen, sont venus expliquer aux militants de Béziers mais aussi de Sète la stratégie du Front national, devenu le Rassemblement national depuis le 1er juin. "Dans l'Hérault, nous avons la possibilité de l'emporter dans de nombreuses communes", prédit Philippe Olivier et dans un deuxième temps nous pouvons « conquérir tout le Département. » Et d'annoncer « Nous voulons gérer l'Hérault. Être une force d'alternance, pas d'opposition ». Une manifestation de protestation contre la réunion publique du RN/FN de Sète, s'est déroulée réunissant plus de 80 personnes.

18 juin Et une mesure discriminatoire de plus... La municipalité de Béziers ne veut plus de fumeurs de chicha en ville. Elle vient de prendre un arrêté municipal pour interdire ce commerce pendant la période estivale. Il est donc désormais interdit de fumer la chicha ou le narguilé sur l'espace public, du 1er mai au 30 septembre, près des écoles, des équipements sportifs et culturels. « Ce n'est pas vraiment une bonne chose pour la santé » justifie le maire de Béziers. Pourtant, cet arrêté, même si Béziers, n'est pas la première ville à interdire la chicha, est largement discriminatoire. En effet, pourquoi, la mairie n'interdit-elle pas également la consommation de cigarettes, cigares ou autres cigarillos aux terrasses des cafés dans ces cas-là ? En fait, ce qui gène surtout le maire et il le dit sans complexe «C'est générateur de rassemblements dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne favorisent pas le vivre-ensemble. On en a assez et ça renvoie une image de la ville dont on n'a pas envie ! ».