Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

Dans les laboratoires de l'extrême droite, il se passe de drôles de choses. Notamment dans la ville où le ministre de l'intérieur du gouvernement Macron était maire. Depuis plusieurs années, les identitaires du GUD et les royalistes de l'Œuvre Française tentent de transformer les quartiers du vieux Lyon en forteresse blanche, raciste et homophobe.

Par Didier

Ils exercent une pression publique permanente sur les riverains, les commerçants, les citoyens, qui pensent différemment. Tags et stickers haineux, vitrines, portes et façades dégradées : le quotidien du vieux Lyon est rythmé par des agressions illicites commises par des groupuscules qui ont pignon sur rue via des commerces (fringues, tatoueurs, librairies, cafés. . .) et via des permanences (Bastion social).


Interdite de manifestation dans les quartiers du vieux Lyon par ces mêmes groupuscules fascisants, l'association Lesbian and Gay Pride tente de gagner juridiquement le droit de manifester dans le cinquième arrondissement lyonnais. Curieusement, cette association se heurte, en plus des fachos, aux services de L'État et de la mairie qui indiquent : « que le dossier du vieux Lyon est conflictuel et difficile à gérer ». Dans les faits, ces services tolèrent que la Gay Pride soit bloquée à l'extérieur du vieux Lyon depuis plusieurs années. 

le droit à manifester est-il entravé à Lyon ?

En 2015, à la suite de menaces proférées depuis des années par l'extrême droite, les organisateurs demandent à la préfecture et à la mairie qu'il n'y ait pas de quartiers interdits aux LGBT. Pourtant la préfecture impose un changement de parcours et interdit le vieux Lyon. En 2016, la même Gay Pride est décalée au mois de juillet, son parcours est imposé sur la rive gauche du Rhône loin du vieux Lyon. En 2017, les organisateurs sont fermement décidés à imposer le droit à manifester. Dès le mois de décembre 2016, ils déposent un recours en préfecture. La réponse intervient 2 jours avant la Gay Pride, mi-juin 2017 : elle est négative !

9laboratoiresextremedroite2La préfecture justifie cette décision par des impératifs de secours (circulation des pompiers) mais en 2014 elle a donné l'autorisation à la Manif pour tous de manifester dans le vieux Lyon. Cerise sur le gâteau, il faut savoir qu'à Lyon la Manif pour tous avait rassemblé 30 000 personnes alors que la Gay Pride ne rassemble jamais plus de 10 000 personnes. Comment et pourquoi une manifestation 3 fois plus nombreuse ne pose pas de problèmes de secours ? La réponse à cette question, les organisateurs de la Gay Pride la donnent : l'idéologie de la Manif pour tous est facho compatible avec les idées homophobes des groupuscules fascistes qui tentent de sanctuariser le vieux Lyon.


Pour 2018, les organisateurs de la Gay Pride ont choisi de ne pas attendre la sentence de la préfecture. Ils ont décidé de saisir la justice autour d'une question : le droit à manifester est-il entravé à Lyon ? Le 23 mai dernier le rapporteur public a réclamé l'annulation de l'interdiction partielle de parcours au vieux Lyon. Les jours suivants, les services de l'État et de la mairie ont aussitôt contre attaqué juridiquement en invoquant une nouvelle fois des raisons de sécurité. 

L'acharnement contre le droit à manifester à Lyon rappelle un autre acharnement du maire / ministre de l'intérieur. Celui contre la ZAD de Notre Dame Des Landes, les mobilisations de ce printemps, les migrants. Collomb : ticket sécuritaire du gouvernement Macron ? Ceci explique peut-être cela.