Edito

Hi hi hi oh oh oh ah ah

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Oh ! pardon, chers lecteurs d'Envie à Béziers. Un fou rire incompressible. Hi hi hi. Toute l'équipe voudrait vous souhaiter une belle....ha ha ha belle année 2019.... Ha ha ha Bon, il faut qu'on vous dise ce qui nous fait tant marrer. Ha ha ha Vous....vous avez vu.... Robert Ménard..... ? On veut dire Robert Ménard en gilet jaune !? Ha ha ha ça ne lui va pas du tout !

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Sous le R.N ... la plage! Cette rubrique rend compte d'expériences qui s'élaborent en dehors du capitalisme ou du nationalisme. Pour ce numéro, EVAB vous propose un voyage depuis la première coopérative viticole de France, à Maraussan.

Par Didier,

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Question tourisme mémoriel il n'y a pas que la guerre 14 / 18. Aux portes de Béziers dans le village de Maraussan il existe la première coopérative viticole de France. Elle fut créée par les vignerons libres de Maraussan et inaugurée en 1905 par Jean Jaurès. Sur son fronton on peut encore lire le slogan qui faisait trait d'union chez les premiers coopérateurs : «  Tous pour chacun, chacun pour tous » . Mais la première coopérative viticole de France n'est plus en fonctionnement. En Languedoc Roussillon, terre historique de coopération, le paysage coopératif a changé depuis Jean Jaurès et les vignerons libres de Maraussan.

Depuis les années 1990 les fusions entre caves coopératives se sont renforcées, les coopératives sont ainsi passées de 600 à 200 sur ce seul territoire. Des géants de la production et de la distribution ont pris la place des coopératives de village. Avec en tête Val d'Orbieu qui réalise près de 300 millions de chiffre d'affaire. Dans cette fuite en avant, le vigneron coopérateur est ramené au rôle de producteur sans prise réelle sur les décisions concernant sa production. 

Le renouveau coopératif viticole, il faut le chercher en dehors du Languedoc Roussillon, dans d'autres régions comme par exemple le Val de Loire, plus précisément dans le Loir et Cher dans l'appellation de Cheverny à Mont près Chambord. En 2013 la cave coopérative fondée en 1931 ne récoltait plus que 138 hectares sur les 730 qui constituent l'appellation. Les vignerons, au lieu de vendre leur production à un grand groupe, on fait le pari de créer un espace de vente, de rénover la cave, pour développer la vente directe. Depuis ce choix la vente au caveau a progressé de 75 % entre 2013 et 2017. Pourquoi ?

Tous pour chacun, chacun pour tous

Parce que les coopérateurs ont gardé la main sur la production et la diffusion. Ils ne se sont pas laissé déposséder par les grands groupes qui existe dans le Val de Loire comme ailleurs.
Parce qu'ils ont déterminé collectivement un prix plancher. Ils ont maintenu des tarifs attractifs pour permettre au plus grand nombre de clients potentiels de déguster.
Parce que la gamme proposée s'est considérablement agrandie. Ils mettent ainsi en valeur différents terroirs et cépages et ont abandonné la facilité de la cuvée unique.
Parce que les coopérateurs mettent en commun leur matériel. Ils mettent ainsi en commun leurs machines à vendanger, leur enfonce pieu, leurs broyeurs au travers d'une autre coopérative, mais de matériel. Actuellement la surface de vignes cultivée repart à la hausse avec 155 hectares.

Paradoxalement à Mont près de Chambord c'est l'appétit des prédateurs comme Loire Propriétés qui gère 5 000 hectares ou Alliance Loire et Ackerman qui génèrent 42 et 66 millions d'euros de chiffre d'affaire qui ont forcé les vignerons coopérateurs à inventer ou à mourir. Aujourd'hui pour garder la main sur le foncier et sur les propriétés, les viticulteurs se sont dotés d'outils fonciers coopératifs pour permettre l'installation de futurs jeunes. Avis à tous ceux qui passent dans le Val de Loire il y a une cave coopérative qui continue de faire vivre le slogan : «Tous pour chacun, chacun pour tous». Vous pouvez vous y arrêter pour un tourisme social et gustatif.