Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

"Sous le RN la plage" cette rubrique rend compte d'expériences alternatives qui rompent avec le dogme capitaliste et qui restent à des années lumières du dogme nationaliste. Une épicerie bretonne située à Melesse, près de Rennes en Ille et Vilaine propose depuis le mois de mai 2018 des centaines de produits de consommation sortis des circuits de distribution parce qu'ils sont petits ou tordus.

Par Didier

Sans cette épicerie baptisée NOUS, ces produits de consommation seraient écartés par la grande distribution et finiraient dans une benne à ordure sans que les consommateurs puissent simplement les rencontrer. De fait des millions d'aliments sont jetés alors qu'ils sont aptes à être consommés. Ce sont des fruits et légumes tordus, des œufs trop petits, des produits frais aux dates de péremption rapprochées, des boîtes de conserve abîmées, des lots à l'emballage déchiré. . . L'épicerie NOUS c'est le recyclage assumé de toutes ces denrées.

Le nombre de produits déclassés est vertigineux

Le nombre de produits déclassés est vertigineux, NOUS travaille ainsi quasi exclusivement avec des producteurs et des revendeurs bretons proches de leur magasin. Dans cette épicerie antigaspi l'approvisionnement est forcément aléatoire, rythmé par les stocks d'invendus ou de rebus. La vente est ainsi structurée sur l'offre et pas sur la demande ce qui génère des nouveaux comportements chez les consommateurs. On vient ainsi faire ses courses à NOUS en acceptant de découvrir ce qui existe en rayon et pas forcément pour partir avec ce que l'on recherche. S'il y a du vrac ou du bio, il peut aussi y avoir aussi des rayons vides. NOUS c'est des produits photographiés et postés sur les réseaux sociaux, une traçabilité exigeante, une décoration minimaliste. . . le but recherché est de mettre en relation produits déclassés et consommateurs qui sans une telle structure ne se rencontreraient pas.


Pour autant, l'enseigne NOUS n'est pas une structure militante, c'est une entreprise qui dégage des marges de bénéfice. Ces marges de bénéfice sont toutefois inférieures à celles de la grande distribution. Un des engagements de l'enseigne est de revendre 30% moins cher un produit frais acheté 30% moins cher en se situant sur un axe médian entre intérêt des fabricants et des producteurs et intérêt des consommateurs. Pour ce qui concerne les conserves et produits manufacturés, la revente est beaucoup plus classique avec des réductions sur le prix initial.


NOUS se présente donc essentiellement comme une structure alternative au gaspillage alimentaire.
Elle attire pour cela deux types de clients :
- Ceux qui ont du mal à joindre les deux bouts,
- Ceux qui veulent consommer autrement.
D'autres magasins labellisés devraient ouvrir d'ici la fin de l'année 2018. À la question piège : que faites-vous de vos propres invendus ? Les fondateurs répondent qu'ils les donnent aux associations demandeuses.