Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

ATTAC Béziers en union avec le Groupement d'Achats Solidaires du biterrois (GAS) ont décidé, après le procès des Faucheurs Volontaires (d'OGM, puis de Round Up), de proposer une journée sur le thème d'une alimentation saine, informée et consciente.

Par Khan Did

Elle avait été préparée par la projection le 29 mai au méga CGR de Villeneuve les Béziers d'un film : « Nul homme n'est une île » sur les façons alternatives de repenser la société actuelle, en lien les uns avec les autres, refusant productivismes et rentabilité destructeurs, tant il est évident que cette société est mortifère, sans aucun sens sauf le profit à court terme de quelques-uns aux dépens des autres, inhumaine, déjà à l'évidence vouée à l'échec, à la violence voire à la destruction de l'éco-système.

Les Faucheurs volontaires avaient ramassé dans un Brico marché de très nombreux bidons de Round Up, non maintenus sous clef contrairement à la loi, et les avaient bombés à la peinture afin qu'ils ne puissent être vendus.

Car, et on le sait, le Round Up, contient le fameux Glyphosate, plus, on le sait moins, des additifs très toxiques permettant son entrée dans la cellule végétale et développant des propriétés cancérigènes, perturbatrices endocriniennes et repro-toxiques sur plusieurs générations. Il a fait de très nombreuses victimes en France, championne d'Europe de l'utilisation des pesticides, surtout chez les cultivateurs, et en Argentine où sévissent les épandages aériens.

Il devrait donc être d'urgence interdit car des solutions alternatives existent, moins avantageuses pour les firmes. On se souvient qu'il est interdit en revanche de commercialiser...le purin d'ortie...

Les citoyens se posent donc de plus en plus de légitimes questions.

Étaient présents lors de cette journée à Sortie ouest les Faucheurs, Pierrette du domaine viticole bio de Gabelas près de Cruzy qui a élaboré le « Vin des Faucheurs », l'association Mut-viz qui commercialise sans intermédiaire le café rebelle du Chiapas (excellent ) , Nature et Progrès, le GAS, des maraîchers bio dont Patricia qui fait en outre une excellente lessive à la cendre et Stéphane, le paysan-boulanger de Puisserguier.

Il a été tenté de répondre à quelques questions par les animations suivantes :

  •  projection-débat du film « l'huître triploïde, authentiquement artificielle » en présence de sa réalisatrice Annie Castaldo, l'une des 3 ostréiculteurs traditionnels sur 86 du bassin de Thau. Cette huître clonée, monomorphe, donc très fragile, avec des mortalités de 60 à 80 %, disponible à la vente 12 mois par an est stérile et les producteurs sont donc prisonniers des écloseries, donc d'un système de monopole capitalistique qui supprime la biodiversité, donc la survie à moyen ou long terme de l'huître.
  • présentation du GAS, qui fait le lien avec la coopérative vertueuse de Catane, les Galline Felici qui produit des agrumes bio d'excellente saveur. Il s'agit d'un circuit court puisque les fruits viennent directement de la coopérative sans intermédiaire. Les coopérateurs sont venus en France et certains du GAS sont allés les voir (CR de Jean-François dans ce numéro). Ils illustrent ce nouveau paradigme sociétal dont nos politiques, s'ils étaient sincères et libres dans leur tête, devraient d'urgence s'inspirer car il est le seul « soutenable » et durable (oublions le mot développement).

Les projets du GAS sont d'élargir le cercle à des producteurs locaux de pommes bio, d'amandes, de lessive à la cendre pour commencer.

Il est possible, si vous envoyez un mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. de vous inscrire pour recevoir les infos.

  • cercle de discussions sur le CETA conclu entre Europe et Canada sur le commerce, entré en vigueur en septembre dernier et autres traités de libre échange qui ouvrent tous les marchés libres de droits de douane aux firmes mondialisées au détriment des petits producteurs dont nous défendons l'existence car ils s'orientent de plus en plus vers une agriculture paysanne, la permaculture, l'agro-foresterie, seuls garants d'une éthique, de durabilité et de conservation des sols, la terre étant stérilisée par les intrants. Une documentation sur le CETA est disponible sur le site français d'Attac.
  • conférence très émouvante sur les semences paysannes maintenues grâce à leur obstination par un membre du réseau des semences paysannes
  • enfin documentaire photo et vidéo « il était une faux » d'un faucheur, traçant l'historique de la révolte paysanne, Larzac en particulier, puis de la constitution du groupe des Faucheurs Volontaires d'OGM, rendant visibles des lopins de cultures en plein air bien cachés au public avec des risques de contamination des cultures voisines, comme l'Espagne nous en a donné l'illustration. Ils font preuve d'imagination, de gaîté et d'une solidarité sans faille entre eux.

C'est leur deuxième grève de la faim bien médiatisée qui a entraîné le moratoire sur les OGM en France. Grâce leur soit rendue.

  • - Le tout dans une ambiance très studieuse, mais détendue et gaie. L'espoir est possible. À refaire.