Edito

Bella Ciao, Béziers!

parisienAC'est la rentrée pour Envie à Béziers et l'occasion pour ce numéro 26 de vous présenter notre nouvelle formule, en attendant la refonte de notre site en 2019. Nous continuerons à faire paraître un numéro bimestriel et notre page sera alimentée régulièrement par des brèves sur l'actualité, les dessins de Clo et les annonces de l'agenda. Nous poursuivrons également notre collaboration avec Visa, cette ancienne association intersyndicale de vigilance contre l'extrême droite. La nouveauté c'est que nous publierons nos dossiers en décalé. Et à travers ces dossiers nous nous demanderons où en est notre ville de Béziers, où en est cette ville moyenne dirigée par l'extrême droite. Certains disent que Béziers va mieux. D'autres qu'à part une nouvelle pelouse et la grande roue rien n'a changé. On vous en dira plus sur notre prochain dossier consacré à la politique du cœur de ville. Pour ce numéro 26 il est beaucoup question d'écologie tant elle est préoccupante et aussi des fanfaronnades macroniennes ou ménardiennes, peu préoccupées du bien commun. Bonne lecture et Bella ciao, Béziers !

La pratique des cafés et pains suspendus s'installe dans les villes F.N à Béziers et à Beaucaire. Cette rubrique rend compte d'expériences alternatives qui rompent avec le dogme capitaliste et qui restent à des années lumières du dogme nationaliste.

Par Didier

3sousleFN252La pratique des pains suspendus trouve son origine à Naples en Italie. Dans cette autre ville sinistrée, le boulanger du « Panifico Mosca » s'est mis à afficher dans sa vitrine : « Pane in attesa « (un pain en attente) à chaque fois qu'un client payait deux pains. Un qu'il prenait, l'autre qu'il laissait. Le boulanger marquait alors sur une ardoise dans sa vitrine « pain en attente ». La personne qui a faim et qui est démunie peut alors prendre le pain pré-payé. L'idée solidaire napolitaine fait très vite son chemin dans toute l'Italie où elle s'étend aux cafés et aux repas. En traversant la frontière italienne, les offres en attente se renomment : pains, cafés et repas suspendus. La pratique des pains suspendus concerne les personnes en grave difficulté financière et les personnes aux fins de mois difficiles. Si la roue de la vie tourne, les unes et les autres peuvent à leur tour offrir quand ça va mieux financièrement. 

A Béziers, dans le quartier Garibaldi, au 51 avenue Gambetta, une Boulangerie Pâtisserie pratique le pain suspendu.

Pour trouver les commerces qui pratiquent les pains et cafés suspendus, rien de mieux que le recensement local via internet. Dans certaines villes comme à Lyon, une carte collaborative liste les divers commerces qui participent, mais cette cartographie n'existe pas au niveau national ou européen. A Béziers, dans le quartier Garibaldi, au 51 avenue Gambetta, une Boulangerie Pâtisserie pratique le pain suspendu. Mme Ben Salah, la propriétaire, et Mario le boulanger pâtissier définissent ainsi leur démarche : « On a toujours été dans le social, beaucoup en Afrique. Ici d'une manière générale on a décidé de faire le pain suspendu et des prix attractifs pour faire profiter ceux qui sont au RSA ou en difficulté financière parce qu'ils sont nombreux. »  Certains jours le tableau des pains suspendus affiche plusieurs dizaines de baguettes en attente. Pour les gérants de Patiss Méditerranée, la solidarité est assumée avec en complément des dons de pains et gâteaux aux particuliers et à l'épicerie sociale.


Dans une autre ville gagnée par le F.N, à Beaucaire, une association l'ARCA (Association des Résidents du Centre Ancien) a lancé l'idée des pains et cafés suspendus. Des cafetiers, le Kindy Loï de Luigi, le Gambetta KF de Momo, le Cigalon de Bernard et Linette . . . des boulangers Denizet et Aziz . . . y participent. Reste à étendre et compléter la formule à Béziers, en terme de commerces et d'offres, puisqu'il se pratique maintenant les sandwichs suspendus et les nuits suspendues.

Pour Béziers, chers lecteurs d'EVAB, on vous laisse vous organiser pour lancer les pains, cafés, repas, sandwichs et nuits suspendus.
Ce serait un joli pied de nez au nazillon local qui déclare que dans sa ville le vivre ensemble est impossible.