Edito

Hi hi hi oh oh oh ah ah

ugopalheta

Oh ! pardon, chers lecteurs d'Envie à Béziers. Un fou rire incompressible. Hi hi hi. Toute l'équipe voudrait vous souhaiter une belle....ha ha ha belle année 2019.... Ha ha ha Bon, il faut qu'on vous dise ce qui nous fait tant marrer. Ha ha ha Vous....vous avez vu.... Robert Ménard..... ? On veut dire Robert Ménard en gilet jaune !? Ha ha ha ça ne lui va pas du tout !

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On se souviendra de l'année 2018 ! 

par Robert Martin

Outre le 100ème anniversaire de la fin de la première guerre mondiale ou encore le cinquantenaire de mai 1968, on retiendra surtout l'effervescence sociale et revendicative que nous avons connue tout au long de cette année. La grogne est montée du côté des universités, de la justice, de la santé. Les retraité.e.s et les salarié.e.s, du public comme du privé, ont réclamé plus de pouvoir d'achat, les cheminots ont tenté de sauver la SNCF comme service public. D'autres encore ont manifesté contre les ordonnances, contre la réforme du code du travail, contre la loi sur l'immigration ou la loi agriculture et alimentation en dénonçant le glyphosate et les OGM.
Chaque fois le pouvoir a été inflexible et sourd. Aucune victoire pour tous ces protestataires. Les lois contestées ont été votées, les ordonnances signées, et le rouleau compresseur du libéralisme économique a poursuivi sa route. Circulez y'a rien à voir !
Et pourtant, des milliers de Françaises et de Français ont battu le pavé pour manifester leur colère, exprimer leurs revendications et refuser toutes remises en cause du modèle social.
Une longue séquence de grèves au printemps à la SNCF n'a pas permis de modifier le projet gouvernemental. Toutes ces actions, sur tous ces thèmes, étaient déclarées, encadrées, pacifistes, officielles. Toutes ces manifestations, toutes ces grèves étaient annoncées, programmées.


Résultat ? Rien ! absolument rien !
Les deux seules reculades du gouvernement concernent Notre Dame Des Landes et les Gilets Jaunes. Deux combats complètement différents. D'un côté, quelques centaines de zadistes défendaient 1600 hectares de terres agricoles pour empêcher la mise en œuvre d'un projet d'aéroport aussi inutile que dangereux et le projet a été retiré. De l'autre un vent de colère qui souffle sur l'ensemble du territoire dans un sursaut citoyen et populaire pour remettre en cause un modèle de société annoncé comme démocratique qui précarise et appauvrit une grande partie de la population.

Leur point commun ? la radicalité, la détermination sous la forme quelquefois malheureusement d'actes violents.
Cette violence, c'est la faillite de cette démocratie du "cause toujours" dans laquelle nous vivons depuis des décennies, c'est l'échec d'une république qui bafoue ses propres valeurs, c'est l'aveu de la confiscation du pouvoir par une minorité de possédants qui n'ont aucune intention de cesser leur domination et qui répondent par la violence d'état à toute tentative de remise en cause.
Dans les dictatures, le peuple se révolte pour renverser le pouvoir car il n'a pas d'autre choix pour se faire entendre. Et si aujourd'hui, seule la violence semble payer, c'est qu'on a changé de régime. Inexorablement, année après année, sans le dire, en laissant penser que c'était ça la démocratie et que l'intérêt général et le bien commun restaient les objectifs ultimes. Mensonges, tromperies et manipulations !

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Que dit ce constat de notre système politique ? Qu'il est malade, que les mots Liberté, Égalité, Fraternité ne servent qu'à manipuler une opinion publique méprisée et écartée alors que la force de ces mots en y ajoutant solidarité et justice devraient devenir la vraie définition du bien-vivre ensemble .

Et maintenant alors ?
Le gouvernement a reculé, un peu, a ravalé son arrogance mais il a montré son incapacité à saisir les enjeux et comprendre les racines de ce profond mécontentement. Il est revenu sur des décisions qu'il avait juré de maintenir, il a proposé des mesures sociales et un grand débat national mais avec les mêmes recettes que ses prédécesseurs : des miettes pour calmer la colère en préservant l'essentiel. Ce n'est pas l'aumône qui est demandée mais un véritable changement de société.

Ce mouvement des Gilets Jaunes restera-t-il dans l'histoire ? Je ne sais pas mais il restera en tout cas dans les mémoires. Il a montré que la détermination et la radicalité pouvaient convaincre et rassembler.
Reste le problème de la violence, inacceptable mais qui n'est que la conséquence de la surdité d'un pouvoir politique déconnecté d'une population qu'il prétend défendre. Et la violence policière, rarement aussi dure, est proportionnelle à la peur, à la panique d'un pouvoir finalement fragile.
Le gouvernement a d'autres projets dans sa manche pour réduire encore les conquis sociaux issus du Conseil National de la Résistance. Le chantier de la réforme des retraites et celui de l'assurance chômage vont bientôt s'ouvrir. Il faudra changer de méthode car désormais, et c'est la leçon du mouvement des Gilets Jaunes, il faudra compter sur la population pour intervenir dans le débat mais sûrement avec d'autres objectifs que ceux qui, depuis 19 mois, alimentent et inspirent la politique antisociale d'Emmanuel Macron et de son gouvernement.
Après "Ferme ta gueule" et "Cause toujours", il est temps de passer à la mise en place d'une république pour qui les mots respect, dignité, équité, humanité deviennent des valeurs collectives.