Edito

Hi hi hi oh oh oh ah ah

ugopalheta

Oh ! pardon, chers lecteurs d'Envie à Béziers. Un fou rire incompressible. Hi hi hi. Toute l'équipe voudrait vous souhaiter une belle....ha ha ha belle année 2019.... Ha ha ha Bon, il faut qu'on vous dise ce qui nous fait tant marrer. Ha ha ha Vous....vous avez vu.... Robert Ménard..... ? On veut dire Robert Ménard en gilet jaune !? Ha ha ha ça ne lui va pas du tout !

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Le mouvement est apparu dans sa spontanéité et sa puissance unificatrice le 17 novembre 2018 sur les ronds-points et les péages après 19 mois d'une politique d'une violence et d'une injustice néolibérale flagrantes.

Par Khan Did,

Il fallait « réformer » sans relâche, à la mitraillette, soit par ordonnances, soit par adoubement par un parlement croupion de « godillots » (1) parfaitement incapables, éloignés du terrain et formatés, et réformer dans le sens en premier lieu d'une libération des gains des riches, supposés être les « premiers de cordée » qui feraient « ruisseler » leurs avoirs sur les pauvres et autres « fainéants ». Suppression de l'ISF, ou sa forte limitation, de l'exit tax qui limitait l' évasion fiscale, flat tax (taxation forfaitaire de l'épargne), CICE dont on avait pu sous le quinquennat précédent mesurer l'inefficacité crasse. Avec une vague allusion à la fraude fiscale, qu'on allait combattre aussi sauvagement que sous Sarko-Hollande.

« En même temps », on cassait complètement le droit du travail en libérant les licenciements, fameuse « flexi-sécurité », limitant les indemnités prudhommales, sacrifiant les accords de branche aux accords d'entreprise _ mano a mano entre le patron et le salarié _ supprimant les CHSCT (comités Hygiène Sécurité des Conditions de Travail), et achevant de laminer ce qui restait des syndicats. On supprimait le statut des cheminots, arguant, sans rigoler, qu'il expliquait la dette de la SNCF, en fait due aux choix politiques. On préférait priver les étudiants de leur désir d'orientation en instaurant successivement deux algorithmes aussi inefficaces qu'angoissant pour les jeunes, Parcours Sup pour le dernier. Et on se penchait avec gourmandise sur les indemnités de chômage, les retraites qu'on comptait bien démembrer sous couvert de les « unifier ».

Bref, un maelström de mesures de type Thatchéro-Reaganiennes qui ont fait la preuve de leur cruauté et de leur inefficacité (baisse certes des chiffres du chômage, mais au prix de « shit-jobs », peu d'heures par semaine, pauvreté en augmentation, y compris dans la grande Allemagne si louée...)

Tout ceci sous la menace de la Dette, cette Erynie chère à l'Union européenne et qui a mis sauvagement la Grèce à genoux pour de longues décennies. Avec en ligne de mire la Croissance chérie qui n'allait pas manquer de briller à nouveau, fusse au prix de la destruction du vivant sur la planète, comme tout le monde le sait. Et il fallait que la France soit le meilleur élève de cette Union anti-démocratique et austéritaire. Et surtout, Jupiter sur son Olympe savait exactement et sans aucune contradiction ce qu'il nous fallait, et pire, ce que nous voulions !
Vos gueules, les mouettes !

giletjaunebeziers1

19 mois pour que le peuple perde patience et se soulève vraiment, car le regard jupitérien ne pouvait percevoir les prémices d'une exaspération bien au-dessous de lui et sûrement le fait de quelques « gaulois fainéants et inefficaces » qui ne pensaient même pas à « traverser la rue », les gueux.

Alors, répondant à l'appel de personnes dégourdies, ils se sont rassemblés, d'abord sur la plainte des « fins de mois » ne leur permettant pas de faire face à l'augmentation du prix des carburants, prétendument dévolue à la transition énergétique, un gros bobard, précédant celle, prévue pour janvier du gaz et de l'électricité.

Au grand mépris qui leur était opposé, à ces « beaufs qui roulent au diesel et qui clopent », ils ont répondu par la joie du retour de la solidarité, du partage, du bonheur d'échanger, de se retrouver, jeunes actifs surtout micro-entrepreneurs, chômeurs, salariés modestes, retraités, et de se sentir à nouveau investis de leur dignité perdue. De plus, les encouragements de la grande majorité de la population, l'essaimage du mouvement dans d'autres pays (Bulgarie, Hongrie, Allemagne, Belgique, même Israël et Liban) leur a fait chaud au cœur, malgré une répression policière variable, pas vraiment logique, parfois inutilement violente (gazages, brutalisations, humiliation des lycéens de Mantes-la-Jolie, blessures par flashballs, même lors de manifestations non-violentes comme à Montpellier).

Ils ont su résister aux tentatives de récupération, surtout par l'extrême-droite, comme notre maire avec le déguisement obligatoire en GJ (Gilets Jaunes) de son conseil municipal, mais encore maintenant par Philippot qui n'a pas eu honte de déposer le nom « GJ » à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) et d'ouvrir ses grands bras à tous ceux qui veulent. Mais le parti communiste a aussi fait des ouvertures...Ils ont peu cédé à la tentative de violences, surtout en province

 Ils ont su résister aux tentatives de récupération, surtout par l'extrême-droite

Et surtout, ils ont discuté, réfléchi, affiné, élargi leur éducation politique et donc défini plus précisément leurs objectifs de démocratie avant tout en se retrouvant sur le RIC (Referendum d'Initiative Citoyenne) qui leur paraît être le premier pas vers le recouvrement de leur pouvoir légitime. C'était d'ailleurs une des promesses électorales de Ménard, comme les comités citoyens, mais il y a renoncé officiellement, arguant que « c'était trop cher ». Autant en emporte le vent.

Ils ne se trompent pas sur la difficulté à la mise en œuvre d'un RIC, le seul referendum admis est le RI Partagé entre le gouvernement, le parlement et les citoyens. Mais ils ont mis la barre très haut et c'est tout à leur honneur.
Ils sont fatigués, certains très « remontés » envers le pouvoir aveugle et sourd et ses forces de l' « ordre » qui n'ont pas honte de leur attribuer l'initiative de la violence.

Mais ils sont déterminés à tenir, malgré les difficultés, peut-être sous une autre forme qu'ils gardent pour eux, à ne pas se doter de chefs, de structures pyramidales ou de représentants officiels, certains étant tout de même des relais bouillonnants et rassurants. Ils rejettent toute récupération par les partis politiques qu'ils accusent d'échec.

Pierre Rosanvallon, à la radio ce 5 janvier, donne ses définitions de la démocratie qui est en fait LA revendication : « La démocratie, c'est donner une voix (et une voie NDLR) à chacun » et « la démocratie, c'est la société des égaux ». Il constate l'évolution de la société et préconise un « changement de lunettes » aux dirigeants.

Cela faisait longtemps que le pays, dépressif, résigné devant le rouleau compresseur n'avait pas été traversé par un souffle rafraîchissant, tenace, populaire et joyeux. Grâce leur soit rendue et que vive ce beau mouvement.

 1) « Godillots » était le qualificatif dont de Gaulle avait qualifié un parlement soumis à l'exécutif.